Développement durable et nouvelles technologies au cœur du salon mondial du tourisme 2019

Développement durable et nouvelles technologies au cœur du salon mondial du tourisme 2019
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Avec près de 110 000 visiteurs, le Salon ITB de Berlin est le plus grand forum mondial des professionnels du tourisme. 10 000 exposants venus de 180 pays viennent y présenter les meilleures destinations de voyage de la planète. Cette année, l'accent est mis sur le tourisme durable et les destinations authentiques, très prisées des touristes. Les nouvelles technologies investissent également les stands des exposants.

Proximité avec les populations locales

Les touristes veulent de l' "authentique" ! Certains Etats, comme les Philippines, l'ont compris. L'archipel asiatique composé de plus de 7000 îles essaie d'attirer les vacanciers russes et moyen-orientaux sur son territoire. Avec l'ouverture de nouvelles liaisons aériennes, l'Etat philippin met sa population au cœur de sa stratégie de séduction.

"Nous voulons offrir une expérience d'immersion dans ces voyages. Les gens viennent désormais parce qu'ils sont intéressés par le pays" d'après Marie Venus, directrice des opérations de promotion du Tourisme des Philippines, qui constate un changement dans les habitudes des voyageurs. "Nous souhaitons centrer ces voyages sur la force des Philippins, sur notre culture, notre peuple, notre histoire" poursuit-elle.

Comme les Philippines, l'Inde souhaite développer le tourisme de proximité, pour offrir à certains voyageurs la possibilité de "v_ivre une expérience de la vraie vie rurale indienne_", nous confie Yogendra Tripathi, secrétaire au sein du ministère du tourisme indien. Des lieux ont été aménagés spécialement pour permettre aux touristes de s’imprégner de la vie indienne. Grâce à ce nouveau type de tourisme, "les populations locales voient leur niveau de vie augmenter, elles en tirent des bénéfices. Cette proximité leur permet de gagner de l'argent, et d'interagir avec les autres" poursuit-il.

Avec ce tourisme alternatif, l'Inde peut freiner le flux de touristes, et désengorger certains lieux, tels que le Taj Mahal, victime du tourisme de masse. D'après le professeur Roland Conrady, directeur scientifique à l'ITB Berlin, "le tourisme de masse est un problème majeur dans de nombreuses destinations, comme par exemple à Venise et Dubrovnik". Il prône des mesures telles que la tarification afin de pousser les vacanciers à s'acquitter d'une taxe pour entrer dans certains lieux. Venise, qui accueille plus de 20 millions de visiteurs chaque année, a adopté une législation qui va dans ce sens.

Les considérations écologiques

Le tourisme écologique fait aussi son arrivée dans les mœurs. Dans ce domaine, les Seychelles sont en avance. L'archipel situé au large des côtes est-africaines limite le nombre de touristes et réglemente strictement les constructions de grands hôtels.

D'après Didier Dogley, ministre du tourisme des Seychelles, les hôtels sont encouragées "à adhérer au programme de label de développement durable" qui prévoit notamment une consommation d'énergie et d'eau raisonnable et prône l'utilisation de produits locaux.

Dans le même registre, la Géorgie souhaite faire perdurer un modèle touristique qui ne remette pas en cause la logique durable dans laquelle s'est inscrit le pays, qui est composé à 65% de montagne et de verdure.

L'Albanie, également, mise sur ses atouts naturels. Ses montagnes et ses plages paradisiaques ont attiré 6 millions de touristes étrangers en 2018, en hausse de 20% par rapport en 2017. Outre ses paysages de carte postale, le pays a adopté une stratégie digitale, qui vise à donner une image positive de l'Albanie, un pays "qui doit être visité au moins une fois dans sa vie", d'après Blendi Klosi, ministre du tourisme et de l'environnement albanais.

Les nouvelles technologies, au service des tours operators

Qu'il s'agisse des réseaux sociaux, ou de la facilité à réserver un billet d'avion, les nouvelles technologies de l'information poussent les touristes à parcourir le monde. Les jeunes, particulièrement sensibles aux voyages réalisés par les blogueurs et les célébrités des réseaux sociaux, franchissent de plus en plus facilement le cap. Les nouvelles technologies permettent par ailleurs de capter les envies des touristes grâce à la collecte de données. Cela permet de "_répondre aux attentes de chaque tourist_e", nous confir Sisa Ntshona, patron de South African Tourism.

Empreinte carbone

Le défi du développement durable se joue aussi dans les airs. Des compagnies aériennes telles que Thai Airways investissent dans de nouveaux avions plus écologiques et plus économes en carburant. Les nouvelles technologies transforment notre manière de voyager et l'empreinte carbone que nous laissons derrière nous.

D'après Kittiphong Sansomboon, directeur Marketing et Communication de Thai Airways, le groupe tient à "mettre la technologie verte et l’environnement au premier plan". La compagnie tend à renouveler sa flotte pour acquérir des avions moins polluants, et limiter ses rejets de C02 dans l'atmosphère.

Le Hawaii de l'Est

Présente au salon de Berlin, la Chine encourage les touristes à visiter la ville de Sanya, dans la province de Hainan, située dans le sud du pays, à la même latitude que Hawaï et Phuket.

"La première impression que les gens retiendront de Hainan sera le soleil et les plages" d'après Fenghua Fu, directeur adjoint de la division Marketing de la province chinoise. "Nous avons aussi des ressources naturelles plus authentiques à offrir : près de 2000 kilomètres de côtes, 61 baies magnifiques, plus de 70 sources thermales naturelles et 81 montagnes de plus de 1 000 mètres d'altitude".

La Chine a d'ailleurs mis en place un régime allégé d'obtention de visa. 59 pays, dont l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France en sont exemptés.