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Orban : "Lorsque Bruxelles attaque la Pologne, toute l'Europe centrale est attaquée"

Orban : "Lorsque Bruxelles attaque la Pologne, toute l'Europe centrale est attaquée"
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Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, menacé d'exclusion du Parti populaire européen (PPE, droite), s'en est pris vendredi au "cauchemar" du fédéralisme européen, affirmant travailler à une "renaissance" de l'Europe centrale menée par la Hongrie et la Pologne.

"cauchemar du fédéralisme européen"

M. Orban, qui avait effectué la semaine dernière un déplacement en Pologne, a invité vendredi son homologue polonais Mateusz Morawiecki à assister aux célébrations de la fête nationale hongroise du 15 mars.

Le dirigeant hongrois a prononcé un discours louant l'alliance entre les deux pays: "Hongrie et Pologne avancent ensemble, nous nous préparons à un futur différent et nous préparons ensemble une spectaculaire renaissance de l'Europe centrale".

Membre de longue date du PPE, vaste mouvement conservateur européen qui regroupe des formations de droite et de centre-droit (dont la puissante CDU allemande), M. Orban et son parti Fidesz sont menacés d'en être exclus en raison d'une série d'atteintes aux valeurs de cette famille politique.

Pologne et Hongrie, main dans la main

Le parti conservateur au pouvoir en Pologne, Droit et Justice (PiS), n'est pas membre du PPE et le Premier ministre hongrois avait évoqué la semaine dernière un possible rapprochement avec cette formation dans le cadre de nouvelles alliances sur la scène politique européenne.

"Lorsque Bruxelles attaque la Pologne, toute l'Europe centrale est attaquée, y compris nous les Hongrois", a déclaré vendredi M. Orban.

Les gouvernements de Budapest et Varsovie entretiennent tous deux des relations conflictuelles avec les institutions européennes. Alliés au sein du groupe de Visegrad, ils défendent une ligne dure en matière d'immigration et exigent davantage de pouvoirs pour les Etats membres au sein de l'UE.

"Nous voulons un nouveau départ pour stopper le déclin de l'Europe, il faut redonner l'Europe aux Européens, c'est notre principal objectif, pouvoir mettre fin au cauchemar des Etats Unis d'Europe", a lancé le dirigeant hongrois.

L'opposition tente de se mobiliser

Fait rare , l'opposition hongroise a organisé une manifestation transpartisane en ce jour de fête nationale pour s'opposer à Victor Orban. Le parti Jobbik (extrême droite), le parti socialiste MSZP et les partis libéraux ont rassemblés environ un milliers de personnes ; une mobilisation moins importante que lors des dernières manifestations d'ampleur de décembre et janvier.

L'Europe chrétienne

Dans son discours, Victor Orban a de nouveau martelé la nécessité de préserver une "Europe chrétienne": "sans défendre la chrétienté, il n'y a pas de liberté en Europe (...) ; sans culture chrétienne, l'Europe sera perdue (...)".

Le sort de M. Orban et du Fidesz doit figurer à l'ordre du jour d'une réunion du PPE le 20 mars. Le style de gouvernement autoritaire, eurosceptique et xénophobe du Premier ministre hongrois, au pouvoir depuis 2010, a suscité ces derniers mois un embarras croissant au sein du PPE.

Dernier incident en date: M. Orban a lancé en février une campagne dans la presse, sur Internet et à grand renfort d'affiches accusant le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, membre du PPE comme lui, de "soutenir l'immigration" aux côtés du milliardaire George Soros.

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