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Yale on ice, la double vie de Nathan Chen

Le patineur américain Nathan Chen, le 26 janvier 2019 à Detroit
Le patineur américain Nathan Chen, le 26 janvier 2019 à Detroit -
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Gregory Shamus
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Brillant sur la glace comme à la fac: à même pas 20 ans, l'Américain Nathan Chen, qui défend sa couronne de champion du monde cette semaine à Saitama (Japon), mène de front patinage artistique et études à la prestigieuse université de Yale. Hors norme.

Jeudi, Chen patinera son programme court, l'exercice qui lui avait cruellement fait défaut aux JO-2018, avec pour principal rival le héros nippon Yuzuru Hanyu, double champion olympique en titre mais privé de compétition depuis mi-novembre par sa cheville droite.

Sa particularité, c'est que depuis l'automne dernier, le roi des "quads" jongle entre entraînement, compétitions aux quatre coins de la planète - Grenoble, Detroit, Vancouver... - et études universitaires à Yale, à New Haven, sur la côte Est américaine. Loin, très loin - plus de 4.600 kilomètres précisément - de la patinoire californienne de Lakewood où il avait ses habitudes auprès de Rafael Aratunian, son entraîneur de longue date.

"C'était une opportunité que je ne voulais surtout pas manquer. Si je déclinais cette fois-ci, je ne savais pas si je serais à nouveau admissible. Je n'avais qu'une seule option: je devais y aller!", lance le patineur.

- La voix de son entraîneur en tête -

Depuis la rentrée, Chen reste supervisé à distance par Aratunian mais c'est seul qu'il travaille au quotidien.

"Je m'entraîne depuis si longtemps avec +Raf'+ que j'ai toujours sa voix dans ma tête même s'il n'est pas là, je sais ce qu'il me dirait, ce qu'il attend de moi", décrit-t-il. Mais "les entraînements avec lui, avoir son soutien, me manquent", reconnaît le jeune Américain, qui échange parfois par téléphone avec son coach.

"Heureusement, nous avons une patinoire sur le campus", où il s'entraîne "environ une heure et demie par jour", explique Chen. Pour augmenter le volume, le champion du monde en titre est cependant obligé de sillonner les environs à la recherche d'autres pistes.

Côté cours, Chen, admis sans passe-droit à Yale, l'une des huit universités américaines de la prestigieuse Ivy League, suit sans aménagement non plus le cursus en médecine - quatre années de pré-médecine, suivies de quatre en école de médecine et deux de résidence.

"Actuellement, on a des cours d'anglais, de langues étrangères, de maths, de sciences, de sciences sociales et humaines comme l'histoire. J'ai trois heures et demie de cours chaque jour, et je passe autour de six heures à étudier", précise-t-il.

- Les JO-2022, objectif intact -

Dans un premier temps, le natif de Salt Lake City (Utah) envisage de boucler ses deux premières années universitaires, puis de se concentrer de nouveau sur le patinage les deux années suivantes. Parce que son objectif sportif n'a pas varié: les JO-2022 à Pékin, où il s'annonce comme l'un des principaux prétendants à l'or olympique, trusté depuis 2014 par Hanyu, de cinq ans son aîné. Il sera toujours temps ensuite de reprendre le chemin de la fac.

"Ce n'est pas inhabituel pour des étudiants de quitter l'école et d'y revenir", estime-t-il.

Le parcours de Chen fait écho à celui de la patineuse américaine Sarah Hughes, sacrée championne olympique en 2002 et diplômée de Yale en sciences politiques en 2009. La différence de taille, c'est que Hughes n'avait commencé ses études qu'une fois sa carrière sportive terminée.

"J'ai un peu parlé avec Sarah et d'autres: c'était après leur carrière, donc ils n'avaient pas à gérer les deux, ils étaient passés totalement à autre chose", souligne Chen.

Pour lui, ce n'est pas la même musique. La preuve: son "springbreak", ce n'est pas à la plage, mais en s'alignant, non sans ambition, aux Mondiaux-2019 qu'il l'occupe.

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