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Sur la route des Européennes avec les routiers espagnols

Sur la route des Européennes avec les routiers espagnols
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A deux mois des européennes, Euronews poursuit son périple à travers 14 pays de l'Union , pour aller à la rencontre des citoyens. Quelles sont leurs préoccupations ?

Anelise Borges et Cristina Giner se trouvent en ce moment en Espagne, pour se rendre de Badajoz à Almendralejo. Elles sont montées à bord d'un camion aux côtés de Jose et Daniel, qui passent le plus clair de leur temps dans leur véhicule. Jose arpente les routes depuis 17 ans, et selon lui, les conditions de travail font qu'empirer.

"Combien d'heures on passe ici ?", lance Jose. "On est là 24 heures sur 24. Je peux gagner 1 700 euros les bons mois. Avant, on était payé de manière plus juste, mais maintenant... Mon entreprise s'en sort bien. Et il y a d'autres qui débarquent. Mais ce sont les travailleurs qui ont été les plus touchés".

"Ça brise le coeur de laisser sa famille derrière soi", explique Daniel, "et de ne pas voir sa femme et son enfant. Mais au moins, on est là et on ramène de l'argent à la maison."

Les entreprises ont du mal à embaucher. Selon le Syndicat international des transports routiers, le secteur, en Europe, est confronté à la pénurie de chauffeurs la plus sévère depuis des décennies.

Entre des salaires peu élevés et des journées à rallonge, le métier est devenu peu attractif. Daniel et Jose disent vouloir la même chose que les autres travailleurs de l'Union : de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail, et ils comptent bien voter en mai prochain.

"Vous voyagez dans toute l'Europe, vous traversez de nombreux pays... Que pensez-vous du projet européen ?", demande Anelise Borges. "Pour vous, est-ce un projet qui a aidé l'Espagne - qui vous a aidé d'une manière ou d'une autre ? Ou cela ne vous a pas aidé du tout ?"

"Depuis que je suis sur la route, c'est facile de circuler à travers l'Europe"; relate Jose, "alors qu'avant c'était plus compliqué, on perdait beaucoup de temps à passer les douanes.

Aujourd'hui, les choses sont plus faciles avec la monnaie unique - on n'a plus besoin de changer de l'argent. Mais évidemment, tous les pays européens ne sont pas dans la même situation. En termes d'infrastructures, l'Allemagne est à des années-lumière de nous; et la France aussi.

Les salaires ne sont pas comparables. Le salaire d'un travailleur allemand n'est pas comparable à celui d'un travailleur espagnol. Parfois, on se demande donc à quoi ça sert d'être dans l'Europe".

Alors que nos chemins se séparent, José et Daniel devront encore parcourir 260 km pour rentrer chez eux à Huelva, dans le sud de l'Espagne. Avant de devoir partir une fois de plus. Sillonner l'Europe en passant leur vie sur la route.