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Bouteflika s'en va. Bon, et après, qu'est-ce qui attend les Algériens ?

Bouteflika s'en va. Bon, et après, qu'est-ce qui attend les Algériens ?
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Abdelaziz Bouteflika a enfin décidé de se retirer, poussé dehors par une contestation populaire sans précédent en Algérie, mais aussi - soyons réalistes - parce que son dernier cercle de fidèles a baissé la garde. La démission du président doit intervenir ce mois-ci, avant le 28 avril, car c'est la fin officielle de son mandat. Après un très long "règne", 20 ans, il ne part pas en beauté mais cela vaut mieux qu'une destitution humiliante.

Bon, et alors ? réagit une grande majorité des Algériens qui descendent dans la rue depuis le 22 février. Ce que réclament à cor et à cri les très nombreux manifestants, c'est avant tout la fin d'un système clanique et corrompu. Il faudra patienter... Juste après la sortie de Bouteflika va d'abord s'enclencher l'article 102 de la Constitution.

Concrètement, voilà ce qu'entraîne l'article 102 :

Le Conseil constitutionnel doit rapidement se réunir, et constater, à la majorité de ses membres, "la vacance définitive de la présidence". L'acte est transmis au Parlement, ses deux Chambres, l'Assemblée populaire nationale où siègent les députés, et le Conseil de la Nation, qui est l'équivalent du Sénat en France, doivent alors se réunir à leur tour.

Le président du Conseil de la Nation doit assumer la présidence par intérim pendant 90 jours au maximum. C'est actuellement Abdelkader Bensalah (en photo ci-dessous), âgé de 77 ans, qui dirige le Conseil. Au cas où à ce moment là, pour une raison ou pour une autre, le siège était vide, c'est un autre président, celui du Conseil constitutionnel, qui devrait assumer la charge à la tête de l'Etat, également pour 90 jours. Tayeb Belaiz, 70 ans, est le chef actuel du Conseil constitutionnel.

Au bout du tunnel, une présidentielle

Puis, au cours de cette période, une élection présidentielle doit être organisée, mais le président intérimaire ne peut absolument pas être candidat. En attendant l'issue du scrutin, aucun remaniement ou démission du gouvernement en place ne peut intervenir.

Tapi dans l'ombre, le frère cadet, Saïd :

On n'en est pas encore là... Le peuple algérien est malheureusement obligé de se méfier de tout. Le mystérieux et influent frère du président, Saïd Bouteflika, a-t-il une dernière carte à jouer ? La puissante hiérarchie militaire, qui n'a guère bougé pour le moment, va-t-elle se positionner ? Le FLN, le Front de libération nationale, qui garde précieusement les rênes depuis l'indépendance en 1962, va-t-il être obligé de les lâcher ? L'opposition, qui a perdu de sa crédibilité en restant trop passive, voire même en participant au pouvoir, pourrait-elle se trouver un vrai chef ?

Trop de questions et peu de réponses. Tout est à bâtir pour que renaisse l'Algérie.