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Sur la route des européennes : des Gilets jaunes irréductibles à Narbonne

Sur la route des européennes : des Gilets jaunes irréductibles à Narbonne
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Notre route des élections européennes s'arrête à Narbonne, une petite ville paisible du sud de la France mais qui a été une place forte des Gilets jaunes. Nos reporters ont rencontré quelques membres du mouvement sur le rond point de l'amphore, qu'ils ont occupé parfois jour et nuit. Ils nous ont expliqué pourquoi ils n'avaient pas quitté leur gilet, près de cinq mois après le début de la contestation.

Euronews leur a donc posé la question : "Quel lendemain pour les Gilets jaunes ?". Sylvie, Laly, William et Béatrice nous ont répondu.

Sylvie : "Bonjour, j'ai 47 ans, je suis de Narbonne".

Laly : "Moi, je suis Gilet jaune depuis le 20 novembre".

Sylvie : "J'ai commencé les Gilets jaunes depuis le 17 novembre".

William : "J'ai 68 ans".

Béatrice : "J'ai 56 ans, je suis le mouvement des Gilets jaunes physiquement depuis le 17 novembre".

William : "Tout ça a vraiment démarré le 17, mais avant nous le faisions en voiture en faisant tourner nos gilets jaunes par la fenêtre".

Béatrice : "Pourquoi ? Alors ça, c'est une grande question !"

Sylvie : Pour la simple raison que la vie devient très chère !"

Béatrice : "Je trouve inadmissible que de nos jours on arrive pas à vivre avec ce que l'on a comme revenus".

William : "Il y a des gens qui habitent dans des locations, vous n'y mettriez pas votre chien !"

Laly : "Je touche 480€ de RSA (Revenu de solidarité active, prestation sociale garantissant un revenu minimum, N.D.L.R.). Dessus vous enlevez la facture d'EDF pour l'électricité... que je viens de recevoir, merci, 162€. Je viens de recevoir l'eau, Veolia, de 170€... Faites le calcul... Voilà ce qu'il me reste par mois. Il me reste 50€ pour faire quatre semaines. Pour vivre, pour manger ! Voila tout est dit !"

Anelise Borges, Euronews : "C'est impossible..."

Laly : "Merci de le dire. Et je ne suis pas la seule".

Béatrice : "Et il y en a plein comme ça".

Sylvie : "Ça touche tout le peuple, ça touche tout le monde".

William : "Et on s'étonne que ces gens soient en colère. C'est normal qu'ils soient en colère."

Béatrice : "La violence que je vois moi, pas avec les informations à la télé, mais sur l'ordinateur, avec des Gilets jaunes, la violence que je vois, c'est la répression policière. C'est la seule violence que je vois."

Sylvie : "On a tous le m^me but, c'est que tout change. Qu'il y ait un peu plus d'humanité, on va dire parce qu'il y a beaucoup de misère. De toute façon, ce n'est pas qu'en France, c'est un peu partout".

Béatrice : "Un parti politique Gilets jaunes ? Non. Moi, personnellement, je ne voterai jamais gilets jaunes."

Sylvie : "C'est un mouvement apolitique. On ne veut pas rentrer dans la politique."

William : "Obligatoirement, si ça continue, ils vont devoir se structurer, faire un mouvement politique du genre Italie ou Espagne. Ça viendra, Je l’espère. Parce que sans politiques, on peut pas vous écouter, on peut pas vous entendre, on peut pas vous parler. Vous êtes obligés de renter,... dans le monde des pourris..."

Sylvie : "Beaucoup de gens nous soutiennent, beaucoup de gens nous disent : Ne lâchez rien ! On est là !"

William : "ON EST LÀ ! Toujours là ! Même si vous dites partout dans la presse que l'on existe plus, c 'est pas vrai, on est là !"

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