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Soudan : après "non à El-Béchir", "non à l'armée"

Soudan : après "non à El-Béchir", "non à l'armée"
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Au Soudan, l'annonce ce jeudi du limogeage du président Omar el-Béchir n'a pas apaisé la contestation.Il faut dire que le vieux dirigeant a été remplacé par un "Conseil militaire de transition". Bref, c'est l'armée qui a pris le pouvoir.

Et ce n'est pas comme ça que les manifestants voyaient les choses ! La nouvelle donne politique n'est qu'une "photocopie du régime", comme le résume un manifestant.

Malgré l'instauration d'un couvre-feu, de nombreux Soudanais sont restés mobilisés pour réclamer un vrai changement de régime.

S'ils ne nomment pas un gouvernement civil, représentant vraiment la population soudanaise, et bien, notre révolution sera inachevée. On veut quelque chose qui soit conforme à nos aspirations. Et tant qu'on ne l'aura pas, on continuera à manifester ici. On restera là jusqu'à ce que nos demandes soient satisfaites.
Ahmed Abbas
Manifestant

Réactions internationales

Les États-Unis, qui maintiennent des sanctions contre le Soudan, pays sur leur liste d’États soutenant "le terrorisme", ont exhorté l'armée soudanaise à intégrer les civils au gouvernement.

L'Union européenne a aussi appelé l'armée à un transfert "rapide" du pouvoir aux civils.

Six capitales, dont Washington et Paris, ont demandé une session d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU sur le Soudan, a priori pour ce vendredi. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a réclamé que la transition au Soudan respecte les "aspirations démocratiques" du peuple.

Le sort d'Omar el-Béchir

Dès hier, le ministre de la Défense, Awad Ahmed Benawf, a prêté serment comme chef du "Conseil militaire de transition". Il venait d'annoncer la destitution du président Omar el-Béchir et son placement en détention.

Sudan TV/ReutersTV
Le ministre de la Défense Awad Ahmed Binawf prête serment, le 11/04/2019Sudan TV/ReutersTV

Le désormais ex-président Omar el-Béchir aura régné sur le Soudan pendant près de 30 ans. Arrivé au pouvoir à la faveur d'un Coup d’État, il dirige le pays d'une main de fer.

En 2003, il lance ses troupes contre une rébellion dans la province du Darfour, un conflit qui a fait plus de 300.000 morts selon l'ONU.

La Cour pénale internationale (CPI), basée à La Haye, décide en 2009 d'engager des poursuites contre le président soudanais, pour "crimes de guerre" et "contre l'humanité" au Darfour, ajoutant en 2010 l'accusation de "génocide". Mais Omar el-Béchir se soustrait à la justice.

Dès hier, l'ONG Amnesty International a appelé les nouvelles autorités à Khartoum à "remettre" M. Béchir à la CPI afin qu'il soit jugé pour ses "crimes innommables".

- avec agences -