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Boeing et Airbus créent des turbulences entre Bruxelles et Washington

REUTERS/Joshua Roberts/File Photo
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Les tensions commerciales entre les États-Unis et l'Europe reprennent après les menaces de Bruxelles de taxer des produits américains en représailles aux subventions accordées à Boeing par Washington.

La Commission européenne a lancé une "consultation publique" jusqu'au 31 mai 2019 sur une liste de produits importés des Etats-Unis susceptibles d'être taxés. Parmi eux, figurent notamment le ketchup, le poisson surgelé, les hélicoptères ou encore le tabac.

L'UE cible des taxes douanières "équivalant aux dommages estimés causés à Airbus par l'aide américaine à Boeing", explique la Commission européenne dans un communiqué.

Priorité au dialogue

Pour autant, la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström a assuré qu'il ne s'agissait pas de s'engager dans des représailles. "L'UE reste ouverte à des discussions avec les Etats-Unis, pour autant qu'elles se déroulent sans conditions préalables et visent un résultat équitable", a-t-elle indiqué.

La commission cite dans un communiqué de presse le dernier rapport de conformité de l’OMC adopté le 11 avril, confirmant ainsi la décision selon laquelle les États-Unis continuent de subventionner illégalement l'aviateur américain, causant un préjudice considérable à son concurrent européen Airbus.

"Nous devons continuer à défendre des règles du jeu équitables pour notre industrie. Mais soyons clairs, nous ne voulons pas de surenchère" ajoute-t-elle. "Si nous devons être prêts à prendre des contre-mesures au cas où il n'y aurait pas d'autre solution, je continue de croire que le dialogue devrait prévaloir entre des partenaires importants tels que l'UE et les Etats-Unis, notamment pour mettre fin à ce différend de longue date", a-t-elle souligné.

14 ans de querelles

La querelle commerciale entre Boeing et Airbus dure depuis 14 ans, l'UE et les Etats-Unis s'accusant mutuellement à l'OMC de distribuer des aides d'État illégales à leurs champions aéronautiques respectifs depuis les années 1990.

La décision de l’Union européenne fait suite à la menace de l’administration Trump d’imposer des sanctions d’une valeur de plusieurs milliards d’euros aux produits de l’UE, en raison de l’aide accordée à Airbus : la liste des produits européens visés par Washington.

Réthorique protectionniste de Trump

Les tensions transatlantiques se sont accrues depuis que le gouvernement Trump a imposé des droits de douane sur les importations européennes d'aluminium et d'acier. Ces griefs se sont trouvés pris dans l'offensive protectionniste lancée par Donald Trump contre l'Europe, alors que continue de peser la menace de Washington d'imposer des taxes sur les importations de voitures.

Alors que des pourparlers à Washington en juillet 2018 entre le président des États-Unis et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avaient semblé aboutir à une trêve, l'UE a accepté lundi de lancer des négociations formelles sur un accord limité avec les Etats-Unis, contre l'avis de la France. Paris refuse d'entamer les négociations commerciales en raison de la décision de Washington de se retirer de l’Accord de Paris sur le climat.

Le processus devrait être long : bien qu'un accord commercial ne nécessite pas l'unanimité, dans la pratique, le consentement de tous les États membres de l'UE est sollicité. Donald Trump, quant à lui, souhaite que les pourparlers incluent des produits agricoles - ce que la France et d'autres pays de l'UE sont susceptibles de refuser catégoriquement.