Les opposants résistent au Venezuela, nouvel appel à manifester

Leopoldo Lopez devant l'ambassade d'Espagne, à Caracas
Leopoldo Lopez devant l'ambassade d'Espagne, à Caracas -
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Reuters
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Les opposants veulent tenir bon au Venezuela. Malgré les risques, Leopoldo Lopez, n'entend pas quitter le pays et il l'a fait savoir depuis l'ambassade espagnole de Caracas où il a trouvé refuge à la faveur du ralliement d'une partie des militaires à Juan Guaido. La justice a pourtant ordonné son arrestation. Mais l'Espagne n'entend pas le livrer et il dit ne pas avoir peur du gouvernement :

"Je ne veux pas retourner en prison, mais je tiens à dire que je n'ai pas peur de retourner en prison et je n'ai pas peur de Nicolas Maduro, comme je n'ai pas peur de sa dictature ou de toutes les armes répressives dont il dispose aujourd'hui, et qui sont les seules choses qui lui restent pour continuer à intimider..."

Leopoldo Lopez, fondateur du parti Volonté populaire, affilié à l'Internationale socialiste, est un proche de Juan Guaido, lui aussi élu sous l'étiquette "Voluntad Popular". Il était en première ligne contre Hugo Chavez et avait été emprisonné en 2014 après des manifestations contre le gouvernement, puis libéré et assigné à résidence en 2017.

Il a aussi affirmé avoir discuté avec de nombreux militaires prêts à rejoindre l’opposition : "pendant plus de trois semaines, j’ai organisé des réunions chez moi où j’étais en résidence surveillée, a assuré Leopoldo Lopez. J’ai rencontré des commandants, j’ai rencontré des généraux avec qui nous nous sommes engagés pour que le peuple et l’armée, ensemble, nous arrivions à faire cesser l’usurpation."

Deux jours après une tentative de putsch manqué, le président vénézuélien, lui, est apparu au milieu des militaires dans une caserne de Caracas et dans un discours martial, il a promis de chasser "les traîtres". Peu ont finalement suivi Juan Guaido , explications du professeur en sciences politiques de l'UOC de Barcelone, Ernesto Pascual :

"Pour que l'armée puisse se ranger du côté des Etats-Unis, Maduro devrait la jouer solo. Mais pour le moment, les militaires contrôlent et distribuent la nourriture, contrôlent et exploitent le pétrole ... Alors, pour l'instant, ils ne sont pas incités à abandonner Maduro".

Malgré tout, le président par intérim auto-proclamé, chef du parlement, et leader de l'opposition, Juan Guaido, a appelé à manifester ce samedi devant toutes les casernes militaires du pays. Il appelle à une "mobilisation nationale pacifique pour que les principales unités militaires se rallient à la constitution vénézuélienne".