Dans quels pays européens la vaccination est-elle obligatoire ?

Dans quels pays européens la vaccination est-elle obligatoire ?
Tous droits réservés
FRED TANNEAU / AFP
Taille du texte Aa Aa

Si en France, onze vaccins sont obligatoires, d’autres pays européens n'émettent que des recommandation en matière de vaccination. Tour d'horizon.

L'Allemagne fait actuellement face à une envolée des cas de rougeole. La vaccination contre cette maladie n'est obligatoire que dans le land du Brandebourg. Au niveau fédéral, pour cette maladie en particulier et pour les autres en général, il n’existe que des recommandations. Mais face à la situation, le ministre de la Santé, Jens Spahn, s'est récemment prononcer pour imposer une vaccination obligatoire contre la rougeole pour les enfants fréquentant crèches et écoles. Un projet de loi allant dans ce sens, où seront peut-être intégrées d'autres maladies, va être bientôt présenté. Des amendes, jusqu'à 2 500 euros, pourraient être adressés aux parents refusant de vacciner leur(s) enfant(s).

La situation est sensiblement la même en Suisse et en Autriche, puisqu'il n'existe pas, à l'heure actuelle, de vaccinations obligatoires. Les autorités sanitaires de ces deux pays n'ont en effet émis que des recommandations. Mais, comme en Allemagne, l'explosion des cas de rougeole va peut-être changer la donne. La question de la vaccination obligatoire a été posée sur la table aussi bien à Vienne qu'à Berne.

En Italie, dix vaccinations sont obligatoires, contre quatre auparavant, depuis la promulgation de la la loi Vaccini en juin 2017. Voici la liste : antipoliomyélite, antidiphtérie, antitétanos, antihépatite B, coqueluche, antihaemophilus influenzae type b, rougeole, rubéole, oreillons et varicelle. les quatre dernières vaccinations font l'objet de rappels tous les trois ans, sur la base des données de couverture du ministère de la Santé. D'autres vaccinations, non-obligatoires, sont également proposées gratuitement. Elles concernent les vaccins contre les méningocoques de sérogroupe B et C, le pneumocoque ou le rotavirus.

Préoccupées par le nombre de bébés et d'enfants non vaccinés en France, les autorités ont décidé de faire passer, depuis le 1er janvier 2018, le nombre de vaccination obligatoire de trois à onze. Une décision appuyée par le fait qu'entre 2008 et 2014, plus de 23 000 personnes ont notamment contracté la rubéole, entraînant une dizaine de décès. La recrudescence des cas de rougeole a également été mise en avant. La France a fait de cette question "une priorité de santé publique afin de prévenir la survenue de drames facilement évitables".

Désormais, ces vaccins sont donc administrés aux petits et petites françaises de moins de deux ans : antidiphtérique, antitétanique, antipoliomyélitique, contre la coqueluche, contre les infections invasives à haemophilus influenzae de type b, contre le virus de l'hépatite B, contre les infections invasives à pneumocoque, contre le méningocoque de sérogroupe C, contre la rougeole, contre les oreillons et contre la rubéole.

Agnès Buzyn, la ministère français de la Santé a indiqué que les premiers résultats observés cinq mois après la modification de la loi, étaient positifs. : les vaccinations contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, haemophilus influenzae de type B et l'hépatite B sont ainsi passées de 93,1 % en 2017 à 98,6% à la même période en 2018. Le vaccin contre le méningocoque de type C a lui fortement progressé, passant de 39,3 % à 75,7 %. Aujourd'hui, selon Santé publique France, seulement 1 % des bébés français ne seraient pas vaccinés dans l'ensemble du pays.

Au Royaume-Uni, les vaccins ne sont pas obligatoires. Les autorités sanitaires édictent des recommandations concernant notamment un vaccin contre six maladies : la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la polio, l'haemophilus influenzae type b et l'hépatite B. Cet agent doit être administré en trois doses lors des quatre premiers mois des nourrissons. Des recommandations existent également pour les vaccins pour se prémunir contre la pneumonie ou le méningocoque de sérogroupe B. Les autorités préconisent aussi la vaccination des jeunes filles âgées de 12 à 13 ans contre le virus du papillome humain pour lutter contre le cancer du col de l'utérus. Des campagnes sont aussi mises en place à destination des personnes âgées : vaccins contre la pneumonie et la grippe pour les 65 ans et plus et vaccin contre le zona à 70 ans.

Il n'y a pas d'obligations vaccinale en Espagne, mais un calendrier de vaccinations recommandées a été mis en place par les autorités. Et certaines régions (Castille et Léon, Estrémadure, Galice et Melilla) exigent un carnet de vaccination à jour pour obtenir une place dans une école maternelle publique. Neuf vaccins sont pris en charge dans toute l'Espagne. En fonction des provinces de résidence, d'autres vaccinations sont aussi financées par les autorités locales.

En Grèce, une dizaine de vaccins sont obligatoires, dont l'hépatite B, un agent 4-en-1 couvrant la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite, etc. La vaccination contre le pneumocoque conjugué, la grippe, font aussi l'objet d'une obligation chez les personnes de plus de 60 ans.

Pourquoi se faire vacciner ?

Sur cette question de santé publique, l’objectif des pays ayant opté pour des vaccinations obligatoires est d’atteindre la couverture vaccinale de leurs populations pour éradiquer une maladie, soit en entre 80 et 95%. Une fois ce seuil atteint, se met en place une immunité de groupe, dont profite aussi bien les personnes vaccinées que le non-vaccinées.

Une baisse de la vaccination a été observée dans de nombreux pays, alimentée par des polémiques concernant les effets secondaires que certains vaccins pourraient entraîner. De nombreuses études ont démenti ces polémiques. De plus, avant leur commercialisation, les vaccins vont l'objet de très nombreux tests, notamment pour établir une balance entre les bénéfices et les risques encourus.