DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Réforme de la C1 : une majorité de clubs européens contre une ligue fermée

Réforme de la C1 : une majorité de clubs européens contre une ligue fermée
Tous droits réservés
REUTERS/Denis Balibouse
Taille du texte Aa Aa

Les instances organisatrices des championnats européens et de nombreux clubs ont réclamé ce mardi à Madrid d'être consultés et de pouvoir négocier avec l'UEFA sur le projet de réforme controversé de la Ligue des champions (C1), susceptible de devenir en pratique une ligue fermée en 2024.

"Nous devons être inclus dans le processus de décision sur le futur des compétitions européennes", a déclaré Lars-Christer Olsson, président de l'association des Ligues professionnelles (European Leagues), lors d'une conférence de presse donnée à l'issue d'une réunion rassemblant 244 clubs à Madrid.

"Le processus doit changer, de l'information à la vraie négociation (...). Les compétitions domestiques doivent être la base des compétitions internationales. On doit se qualifier pour les compétitions de l'UEFA via les championnats nationaux. Sans ça, impossible de garder l'intérêt des supporteurs", a ajouté Lars-Christer Olsson, disant s'exprimer au nom d'une "vaste majorité des clubs présents". Et concernant ces derniers, le président de l'association des Ligues professionnelles a affirmé qu'"ils ne veulent pas de promotion et de relégation. Ils ne veulent pas d'un système pyramidal et ils ne veulent pas d'une ligue fermée en Europe et certainement pas d'une ligue fermée sous l'égide de l'UEFA."

Dans le communiqué de presse mis en ligne après la réunion, European Leagues, a également affirmé que "les ligues européennes et la grande majorité des clubs européens, à l'exception de quelques clubs riches et puissants, sont convaincus que le mérite sportif dans leurs ligues et coupes nationales doit rester la voie de qualification pour les compétitions de l'UEFA".

Ce rassemblement ce mardi à Madrid avait des airs de veillée d'armes à la veille d'une réunion au plus haut niveau à Nyon, en Suisse, entre le Comité exécutif de l'UEFA, dont son président Aleksander Ceferin, et la direction d'European Leagues, pour une "discussion générale sur l'avenir du football professionnel en Europe".

"On ne peut rien réformer dans les compétitions (européennes) sans l'accord des Ligues nationales", a asséné ce mardi le président de la Liga espagnole, Javier Tebas également présent lors de ce rassemblement.

"Si les informations que nous avons eues jusqu'à présent sont fondées, il faut que l'UEFA revoie sa copie" et trouve "un consensus", a mis en garde le directeur général de la Ligue française de football (LFP) Didier Quillot, à l'issue de la réunion organisée par European Leagues à laquelle il a, lui aussi, assisté.

"On sait très bien qu'il y a des points qui sont des points durs, qui sont le nombre de matches, les matches le week-end dont nous ne voulons absolument pas (...) ou la création d'une Ligue de facto fermée, nous n'en voulons pas", a insisté le dirigeant français devant plusieurs médias.

"Nous ne voulons pas mettre en difficulté nos recettes, nos droits TV et donc si l'on fait cela, c'est qu'on considère qu'il y a un risque de déséquilibre systémique. Les droits TV ne montent pas jusqu'au ciel, le marché n'est pas extensible à l'infini", a martelé le responsable de la LFP qui a obtenu, il y a un an, des droits télévisuels record pour le championnat de France, de plus de 1,1 milliard par saison pour la période 2020-2024.

Selon plusieurs médias, l'Association européenne des clubs de football (ECA) et son président Andrea Agnelli (Juventus Turin), présent mardi à Madrid, ont avancé leurs pions ces dernières semaines en vue d'un projet susceptible de réduire l'aléa sportif au profit des géants continentaux.

Des informations de presse font état d'une nouvelle formule de la C1, jusqu'ici organisée avec huit poules de quatre. Ce projet permettrait aux cinq premières équipes au sein de quatre poules de huit d'être directement qualifiées pour l'édition suivante, avec de possibles barrages pour les sixièmes et septièmes. De facto, les vingt-quatre meilleures équipes se qualifieraient automatiquement pour la prochaine édition C1, sans tenir compte de leur position dans leur championnat national.

Les initiateurs de ce projet misent sur une augmentation substantielle des droits TV, arguant que 224 matches seraient organisés par saison, contre 96 actuellement. Les deux finalistes disputeront 21 matches contre 13 actuellement.

Ces informations ont suscité un tollé auprès des clubs les plus modestes, mais aussi des ligues organisatrices des championnats nationaux qui craignent de voir leurs compétitions dévaluées, surtout si la réforme empiète sur les épreuves domestiques en incluant des matches européens à jouer le week-end. Les opposants au projet porté par Andrea Agnelli estiment également qu'il puisse entraîner la lassitude des téléspectateurs. Ces derniers années, une certaine érosion des audiences avait en effet déjà constatée lors des phases de groupe de la Ligue des champions.

Signe que l'ECA a peut-être senti venir une fronde parmi ses adhérents, elle a elle-même convoqué une réunion des clubs les 6 et 7 juin à Malte.