Euronews n'est plus accessible sur Internet Explorer. Ce navigateur n'est plus supporté par son éditeur, Microsoft, et les dernières fonctionnalités techniques de notre site ne peuvent plus fonctionner correctement. Nous vous encourageons à utiliser un autre navigateur, tels que Edge, Google Chrome ou Mozilla Firefox.

DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Européennes : Le Pen tient sa revanche, Macron doit encaisser le coup

Européennes : Le Pen tient sa revanche, Macron doit encaisser le coup
Taille du texte Aa Aa

La liste soutenue à bout de bras par le président français sauve les meubles - presque tous -, mais c'est l'extrême-droite qui s'empare de la clé de la maison européenne. La garde rapprochée d'Emmanuel Macron a beau parler de "score honorable", le chef de l'Etat a bien perdu le défi qu'il s'était lui-même lancé, battre le Rassemblement national de Marine Le Pen. Le Premier ministre s'est d'ailleurs voulu réaliste : "Quand on termine deuxième, on ne peut pas dire qu'on a gagné", a constaté Edouard Philippe.

La liste menée par Jordan Bardella devance la liste "Renaissance" dirigée par l'ancienne ministre Nathalie Loiseau d'une tête - autour de 1% d'écart - sur la ligne d'arrivée. Selon des résultats désormais quasi définitifs, la première l'emporte avec 23,4% des voix, contre 22,3% obtenus par la seconde. Mais les deux adversaires n'ont pas réussi à se dépasser : le Rassemblement national reste en dessous de son score aux élections européennes de 2014 (24,9%), et les pro-Macron ne dépassent pas le résultat de leur chef au premier tour du scrutin présidentiel (24%).

Les écologistes décollent vraiment

Si le duel Le Pen-Macron était attendu, confirmant la recomposition du paysage politique français, le pays surprend en se mettant plus franchement au vert, comme plusieurs autres en Europe. La liste d'Europe Ecologie-Les Verts, emmenée par Yannick Jadot, a décroché 13,4% des suffrages, alors que les sondages ne lui donnaient guère plus de 10%. Le responsable des écologistes français en a d'ailleurs profité pour se réjouir de la vague verte européenne, particulièrement forte en Allemagne avec plus de 20% des voix. Selon les politologues, les électeurs français, surtout les jeunes, ont ainsi montré leur nette préférence pour des Verts authentiques.

A noter que le tout petit parti animaliste a réussi, à la grand surprise générale, à gratter 2,1% des suffrages.

Droite et gauche ramassent des miettes

Sur le reste de l'échiquier, la droite frôle l'échec et mat. Les Républicains sont tombés au plus bas - la chute la plus douloureuse de l'histoire de la droite - en n'obtenant que 8,4% des voix. Où est le temps où l'UMP d'alors, il y a cinq ans, recueillait 20,81% au scrutin européen ? "La droite traverse une crise profonde, tout est à reconstruire", n'a pas caché la tête de liste, François-Xavier Bellamy. Le patron contesté, Laurent Wauquiez, évoque discrètement une reconstruction "longue et exigeante", mais elle pourrait se faire sans lui; les barons de la droite l'attendant déjà à la sortie.

Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France, a lancé la première pique dès ce lundi matin :

Le Parti socialiste, ou ce qu'il en reste, ne fait guère mieux. Son alliance avec "Place Publique" de Raphaël Glucksmann n'a pu récolter que 6,1% des voix, le plus mauvais résultat des socialistes français à des européennes. La seule consolation, c'est qu'ils peuvent garder quelques députés au Parlement européen. Si l'on fait les comptes au total, les partis traditionnels, qui ont dirigé le pays en alternance, s'effondrent en même temps : droite et PS à eux deux n'arrivent même pas à dépasser les 15%.

Jean-Luc Mélenchon, qui avait presque atteint les 20% à la dernière élection présidentielle, fait aussi grise mine. La liste de son parti d'extrême-gauche, La France Insoumise, menée par Manon Aubry, a stagné à 6,3%. Bon, pour se rassurer, elle peut dire qu'elle a dépassé les socialistes d'un cheveu.