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En Thaïlande, le chef de la junte favori pour être Premier ministre

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Le chef de la junte au pouvoir en Thaïlande depuis un coup d’Etat en 2014, le général Prayut Chan-O-Cha, est le grand favori pour conserver son poste de Premier ministre après des législatives controversées, mais est défié par un jeune millionnaire.

Les députés se sont réunis mercredi pour élire le chef du gouvernement, après plus de deux mois d’intenses tractations du parti de la junte pour s’assurer une majorité parlementaire.

Il a désormais cette majorité, avec le ralliement de plusieurs partis conservateurs, au premier rang desquels le vieux parti Démocrate.

Face à Prayut dans la course au poste de Premier ministre, le jeune millionnaire Thanathorn Juangroongruangkit, fondateur du nouveau parti d’opposition Future Forward, qui a créé la surprise aux législatives en séduisant notamment la jeunesse thaïlandaise.

Il est devenu la troisième force politique du pays mais les ennuis judiciaires, dénoncés comme politiques, se sont accumulés contre lui. Et il a été suspendu de son mandat de député.

“La chose la plus importante, c’est de rétablir la démocratie en Thaïlande… Et d’empêcher Prayut de revenir comme Premier ministre”, a déclaré mardi le charismatique nouveau venu en politique.

Lors de la première réunion du parlement, Thanatorn avait fait une sortie remarquée: les députés de son camp s‘étaient levés en faisant le salut (trois doigts levés) du film “Hunger games”, symbole de rébellion contre une élite dictatoriale dans le film, devenu le signe de ralliement de l’opposition en Thaïlande.

Abhisit Vejjajiva, figure du Parti démocrate et ancien Premier ministre, a créé l‘évènement mercredi en annonçant devant le parlement démissionner de son poste de député.

“Je ne peux pas entrer dans l’assemblée et voter pour le Général Prayut Chan-o-cha, je ne peux pas faire ça”, a-t-il lancé, alors que la décision de soutenir les généraux a divisé le parti.

Dés pipés

L’opposition dénonce depuis des mois la façon dont les dés ont été pipés par les militaires pour ces premières élections depuis le coup d’Etat de 2014.

En se garantissant un contrôle total du Sénat, élu par les militaires, le parti de la junte, le Palang Pracharat, n’a en effet besoin que de 126 voix à la chambre basse pour que Prayut Chan-O-Cha conserve son poste de Premier ministre.

Il en a obtenu 115 lors du scrutin, et avec les ralliements de petits partis comme le parti Démocrate, il est au-dessus de cette barre lui garantissant une majorité parlementaire.

L’opposant Thanatorn, qui n’a aucune chance d‘être élu avec ce système même si numériquement la coalition d’opposition qu’il représente est largement devant, devrait cumuler 376 sièges pour pouvoir former un gouvernement.

Depuis des années, le pays est profondément divisé entre réformateurs proche de l’influente famille Shinawatra (les “Rouges”) et une élite conservatrice alignée sur l’armée (les “Jaunes”) qui se présente comme garante de la stabilité et de la protection de la monarchie.

Le nouveau roi de Thaïlande Maha Vajiralongkorn a insisté début mai lors de son couronnement sur la nécessaire “unité” de son royaume, très divisé entre conservateurs ultra-royalistes et réformateurs.

Le nouveau roi est intervenu deux fois pendant la campagne des législatives, les premières depuis le coup d’Etat de 2014, opposant une fin de non-recevoir aux aspirations de sa sœur, la princesse Ubolratana, à se piquer de politique au côté de Thaksin Shinawatra.

Et la veille du scrutin, il a exhorté les Thaïlandais à “soutenir les bonnes personnes” pour “empêcher le chaos”, une déclaration perçue comme un soutien aux militaires.

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