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Nicaragua: amnistie pour les prisonniers politiques et les forces de répression

Nicaragua: amnistie pour les prisonniers politiques et les forces de répression
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Le Parlement du Nicaragua, dominé par les députés favorables au président Daniel Ortega, a adopté samedi une loi d’amnistie en faveur à la fois des prisonniers politiques et des forces de répression.

“La loi d’amnistie est approuvée”, a annoncé le président de l’Assemblée nationale à l’issue du vote. Le texte a été approuvé par 70 députés du Front sandiniste de libération nationale (FSLN, au pouvoir) et rejeté par 15 députés de l’opposition.

La loi est en faveur “de toutes les personnes qui ont participé aux événements intervenus à partir du 18 avril 2018”, quand ont éclaté des manifestations contre Daniel Ortega et sa femme et vice-présidente Rosario Murillo, “y compris celles qui sont actuellement privées de liberté”.

Selon la loi, les opposants emprisonnés pour leur participation à des manifestations doivent ainsi être libérés “immédiatement” après la publication de la loi au journal officiel.

Les opposants amnistiés devront cependant “s’abstenir” de commettre les actions qui ont motivé leur incarcération, c’est-à-dire de manifester à nouveau leur opposition.

De manière générale sont amnistiés tous ceux qui ont été l’objet d’enquête ou qui peuvent l‘être, y compris les membres des forces de police ou des groupes paramilitaires qui ont tiré sur les manifestants anti-gouvernementaux.

“Le chemin de la paix et de la réconciliation ne peut passer que par le pardon, et cela nous attriste de devoir amnistier des assassins avoués de policiers et des tortionnaires”, mais “la patrie passe avant tout sentiment mesquin”, a déclaré le député Edwin Castro, président du groupe parlementaire du FSLN qui a présenté le projet de loi.

De son côté, la coalition d’opposition Union Nationale Bleu et Blanc (UNAB, regroupant plus de 70 organisations d’opposition) a dénoncé une loi d’amnistie qui “a pour but de couvrir les crimes que (le gouvernement) a commis avec ses institutions, structures partisanes et paramilitaires”.

Les manifestations, d’abord dirigées contre une réforme de la sécurité sociale ensuite abandonnée, ont rapidement réclamé le départ de Daniel Ortega, au pouvoir depuis 2007, et des élections anticipées. Elles ont été durement réprimées et les violences ont fait au moins 325 morts et 2.000 blessés, pour leur écrasante majorité parmi les opposants, selon des organisations humanitaires.

Selon les groupes d’opposition, entre 600 et 800 opposants ont été jetés en prison tandis que plus de 62.000 Nicaraguayens ont pris le chemin de l’exil.

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