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Top 14: Guitoune a conquis Toulouse, bientôt les Bleus?

Le centre de Toulouse Sofiane Guitoune face à La Rochelle en demi-finale de Top 14, le 8 juin 2019 à Bordeaux
Le centre de Toulouse Sofiane Guitoune face à La Rochelle en demi-finale de Top 14, le 8 juin 2019 à Bordeaux -
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NICOLAS TUCAT
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Auteur d’une saison exceptionnelle, devenu un leader à Toulouse, Sofiane Guitoune vise samedi un premier titre en finale du Top 14 face à Clermont, avant peut-être d’attraper le dernier train du XV de France pour la Coupe du monde au Japon (20 septembre-2 novembre).

Une statistique résume sa saison: 30 matches joués, tous comme titulaire, sur 35 au total, championnat et Coupe d’Europe confondus. “C’est un garçon qui a de l’importance”, dit Ugo Mola. “Il a un rôle de leader dans les vestiaires et dans le jeu. Il assume pleinement ce rôle. C’est un des meilleurs centres français avec celui que j’ai perdu la saison dernière (Gaël Fickou)”, poursuit l’entraîneur en chef de Toulouse.

Si Guitoune peut remercier Fickou d’avoir pris la direction du Stade Français, le mérite de son propre succès lui revient, lui qui a bataillé depuis 2016 pour se débarrasser de problèmes physiques qui lui ont gâché ses deux premières saisons à Toulouse (15 matches seulement).

Après un échec à domicile face à Lyon, en mars 2018, son avenir s’inscrit en pointillés. “La semaine qui suit, le coach me convoque et me dit: il va falloir se réveiller, ça fait presque deux ans que tu es là, faudrait pas que ce soit une histoire manquée.”

- “Pas le droit à l’erreur” /p>

Placé “au frigo”, Guitoune doit patienter. “J’ai fermé ma gueule, attendu que la saison se finisse. Je suis parti une semaine seulement, puis j’ai bossé 3-4 semaines car je n’avais plus mal.”

Enfin en pleine capacité physique et bien préparé, Guitoune obtient sa chance lors du déplacement à Grenoble début septembre, profitant de la convocation de dernière minute de Cheslin Kolbe chez les Springboks. “Je savais que ce match-là, je ne devais pas le louper. Le week-end d’après, je rejoue. Pendant 3-4 matches, je savais que je n’avais pas le droit à l’erreur. J’ai pris toute la saison comme ça.”

Le retour au premier plan d’un ailier brièvement aperçu en Bleu en 2013 et 2015 (5 sélections sous Philippe Saint-André) est spectaculaire: en quelques semaines, Guitoune devient incontournable à son nouveau poste, le centre. Au point de prendre la parole à un moment-clé.

“La première fois de ma vie que j’ai parlé dans un vestiaire, c‘était cette année, face au Leinster, à la mi-temps”, se souvient le natif d’Alger. “C’est sorti comme ça, j’ai dit qu’on pouvait le faire.” A l’arrivée, un exploit en poules face au champion d’Europe (28-27) qui met fin à l’invincibilité des Irlandais (10 matches).

“J’ai envie d’y aller” –

Joueur à la carrière modeste et au palmarès vierge, qui a mis du temps à gravir les échelons entre Agen et Albi, en Pro D2, puis Perpignan et Bordeaux-Bègles, Guitoune, enfin épanoui, voit les regards changer à son sujet. Surtout quand une flopée de Toulousains, dont il ne fait pas partie, quitte le club pour le XV de France pour les tests de novembre, puis le Tournoi des six nations.

“Tu te retrouves avec des minots, des champions du monde moins de 20 ans. Quand c’est un peu dur, ils te regardent, car toi aussi tu fais une bonne saison. (…) Il fallait prendre ses responsabilités, je les ai prises et c’est resté”, savoure le trois-quarts.

A 30 ans, Guitoune, auteur de 16 essais et de bien plus de crochets ou de passes décisives cette saison, montre la voie par sa persévérance et son choix de “l’ambition”, celui d’avoir persisté dans un effectif fortement concurrentiel plutôt que de partir à Pau.

Samedi, il pourrait décrocher son premier titre … et être convoqué dans la foulée, mardi, par le sélectionneur Jacques Brunel pour préparer la Coupe du monde.

“Je pense à ramener le Bouclier samedi soir. Le reste, ce n’est pas moi qui décide. J’ai envie d’y aller”, concède Guitoune. A un poste où les poids lourds sont nombreux (Mathieu Bastareaud, Geoffrey Doumayrou, Fickou, Wesley Fofana, Virimi Vakatawa), ce serait la récompense ultime d’une saison enfin pleine.

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