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DERNIERE MINUTE

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Centenaire du premier vol transatlantique sans escale

John Alcock et Arthur Whitten, quittant le sol canadien à bord de Vickers Vimy, le 14 juin 1919
John Alcock et Arthur Whitten, quittant le sol canadien à bord de Vickers Vimy, le 14 juin 1919
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C'était le temps des aventuriers et des frontières à repousser. Il y a exactement 100 ans, John Alcock et Arthur Whitten Brown s'affairent autour de leur bimoteur Vickers Vimy dans un champ près de Saint-Jean de Terre-Neuve, au Canada, avec le secret espoir de réussir le pari qu'ils se sont fixé : réaliser la première traversée transatlantique sans escale en avion.

Arthur Brown, à gauche, et John Alcock, à droite

Après avoir rempli les réservoirs de 4 000 litres d'essence, les 360 ch des deux moteurs à pistons Rolls-Royce Eagle de leur engin se mettent en mouvement. De nombreux curieux sont massés là, pour assister à l'envol de leur Vickers ou à un nouvel échec comme celui d'un autre équipage dont l'avion s'était écrasé au décollage un mois plus tôt. Mais ce 14 juin 1919, l'avion d'Alcock et de Brown s’arrache du sol, évite de justesse les sapins qui ferment le bout de piste et met le cap à l'est.

Les deux Britanniques quittent rapidement l'île canadienne pour partir à la conquête de l'océan Atlantique et rallier l'Irlande. La traversée n'est pas de tout repos, loin de là. L'avion navigue à vue, coupant le lourd brouillard qui s'est formé. A plus de 200 km/h au dessus des flots, les quatre tonnes du lourd appareil gorgé de carburant s'arrachent tant bien que mal à la gravité. A l'origine, cet engin avait été conçu pour être un bombardier de la Royal Air Force lors Première Guerre mondiale. Un vent violent prend le relais, le Vickers et ses occupants sont ballottés par des rafales. L'une de ces bourrasques, en pleine nuit, propulse dangereusement l'avion au plus près des vagues. John Alcock se bat comme un diable avec son manche et réussit à faire remonter l'appareil. Déjà une autre péripétie attend les deux hommes qui doivent maintenant affronter le froid et la neige. Comme des funambules, ils se relayent pour enlever le givre qui s'est formé sur les ailes.

Enfin, le 15 juin, les côtes irlandaises pointent dans les premières lueurs du jour. L'exploit est en marche. Un dernier coup du sort se dresse devant les deux hommes. La lande de terre où ils se posent, à l'ouest de Galway, s'avère être une tourbière. L'atterrissage ne se fait pas en douceur, loin s'en faut. Les roues s'enfoncent dans la tourbe, le Vimy est stoppé net et se plante littéralement dans le sol. Mais l'équipage est indemne. Des cris de joie éclatent. John Alcock et Arthur Brown ont réussi. Ils ont franchi les 3 000 kilomètres séparant l'Amérique du Nord et l'Europe en un peu plus de 16 heures de vol.

Le Vimy, planté dans la lande irlandaise

Rapidement, le succès de leur épopée se répand. Les deux hommes seront accueillis, tels des héros des temps modernes, à Dublin. La consécration arrivera à Londres, lorsqu'ils recevront des mains de Winston Churchill, alors secrétaire d'Etat à l'Aviation, le prix d'un concours lancé par le quotidien britannique Daily Mail. Ce concours a été un véritable moteur pour Alcock et Brown, ainsi que pour ceux qui tentèrent l'aventure sans succès. Une récompense de 10 000 livres était, en effet, promise au premier qui réussirait à relier par les airs, en moins de trois jours, le continent américain aux îles britanniques.

Leur exploit a éclipsé la réussite, en mai de cette même année 1919, d'un autre vol transatlantique. Cette traversée effectuée par trois hydravions américains partis de New York avait été ponctuée de plusieurs étapes et avait duré trois semaines. Et à leur tour, Alcock et Brown allaient être détrônés par un autre. Quelques années plus tard, le 20 mai 1927, le succès du vol, entre New York et Paris, en solitaire de l'Américain Charles Lindbergh plongera peu à peu dans l'oubli les deux précurseurs.

John Alcock disparaîtra toutefois au firmament de sa gloire lorsqu'il s'écrasa en Normandie aux commandes d'un autre Vickers, un hydravion Viking, en décembre 1919. Arthur Brown, lui, mourra en 1948 d'une overdose de barbituriques.

The Board of Trustees of the Science Museum (CC BY-SA 4.0)
Le Vimy de Brown et Alcock, exposé au Science Museum de LondresThe Board of Trustees of the Science Museum (CC BY-SA 4.0)