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XV de France: Bastareaud, ça suffit

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“Basta” dit basta. Non convoqué pour la Coupe du monde alors qu’il était le vice-capitaine du XV de France, Mathieu Bastareaud, le joueur le plus connu du grand public a annoncé mercredi sa retraite internationale, mettant un terme à une décennie d’amour tourmenté.

“La route n’a pas toujours été facile mais porter ce maillot, représenter mon pays, ma famille, a été ma plus grande fierté!” En une phrase, tout est dit pour ce taulier des Bleus (30 ans, 54 sélections), qui aura nettement plus gagné avec Toulon – 3 Coupes d’Europe entre 2013 et 2015, un Top 14 en 2014 – qu’avec les Bleus, en déclin absolu depuis le dernier Grand Chelem réalisé en 2010.

“Bastarockett” vivait alors son premier come-back en sélection après “l’affaire de la table de nuit d’Auckland”, qui l’avait amené à quitter la Nouvelle-Zélande en juin 2009, en pleine tournée et à inventer une agression pour justifier un traumatisme facial. Un mensonge aux lourdes répercussions diplomatiques – les Premiers ministres des deux pays avaient tour à tour formulé des excuses – et psychologiques pour le joueur, qui le conduiront à une tentative de suicide.

Des come-backs, Bastareaud en a connus en Bleu, depuis sa première sélection contre le pays de Galles dans le Tournoi 2009. Après le Grand Chelem 2010, il paye encore Auckland pendant trois ans, évincé par Marc Lièvremont puis non retenu au début du mandat de Philippe Saint-André. Il part à Toulon et se reconstruit avec la psychologue Meriem Salmi et l’entraîneur Bernard Laporte.

- Relancé par Galthié /p>

Tout sauf linéaire, on vous dit: rappelé par “PSA” début 2013, le natif de Créteil s’impose jusqu‘à la Coupe du monde 2015 et le naufrage face à la Nouvelle-Zélande (62-13)… qu’il vit comme remplaçant.

Le sélectionneur suivant, Guy Novès, part sur un nouveau projet, davantage porté sur le mouvement et la vitesse, et ne veut plus entendre parler de “Basta”, incarnation du rugby frontal. Mais faute de résultats et peut-être incité par Laporte, devenu président de la Fédération, il cède et lui redonne une chance.

Bastareaud revient à Marcoussis pour les tests de l’automne 2017 alors qu’il est en pleine confiance, à l’aise dans son nouveau costume de capitaine du RC Toulon, “désigné” par Fabien Galthié. “Cela s’est fait naturellement (…), j’ai dû me lancer. Je pensais que ce n‘était qu’un intérim, et puis il (Galthié) m’a fait confiance et je me suis plu dans ce rôle.” Plus serein, enfin épanoui.

Novès évincé par Laporte fin 2017, son remplaçant Jacques Brunel fait de Bastareaud le leader d’une équipe en manque de repères. Jusqu‘à le nommer capitaine intérimaire en l’absence de Guilhem Guirado.

A Cardiff, en mars 2018, à la veille d’affronter les Gallois, l‘émotion affleure autour du premier de ses trois capitanats en Bleu.

Les souffrances du passé ressurgissent aussi, du psychodrame d’Auckland aux remarques blessantes sur son poids, exceptionnel pour un centre (autour de 120 kg). “Ce que je cherchais, c‘était plus le respect. A mon sens, on m’a souvent manqué de respect”, dit-il calmement.

Direction New York –

Le “repère fort de l‘équipe”, celui qui recadre les troupes au Stade de France après l’humiliante défaite de novembre contre les Fidji (21-14), est donc sacrifié sur l’autel de la mobilité, nouveau credo déclamé mardi par Brunel, désormais secondé par Fabien Galthié, apôtre d’un rugby de mouvement. Les froides statistiques ont gagné, peu importe le facteur humain. “Il y a d’autres joueurs d’expérience, qui ont de la bouteille”, relativise le Gersois.

Sans rancune, répond Bastareaud, qui signe son message sur les réseaux sociaux d’un “Peace” à destination des Bleus et d’une photo en compagnie de Morgan Parra, autre évincé de poids de la liste pour le Mondial. Une nouvelle page se tourne en quelques semaines pour le trois-quarts, qui vient de disputer ses derniers matches avec Toulon avant de jouer la saison prochaine à New York.

“J’avais envie de changement”, avait-il expliqué fin avril lors de l’annonce de son départ. Peut-être la dernière aventure d’un joueur éminemment attachant, qui va emporter la chaussette de ses débuts en banlieue parisienne, accrochée à son sac, de l’autre côté de l’Atlantique. Sans passer par le Japon.

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