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Arabie Saoudite : les femmes pourront désormais voyager sans la permission d'un homme

Arabie Saoudite : les femmes pourront désormais voyager sans la permission d'un homme
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REUTERS/Faisal Al Nasser
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Les femmes en Arabie saoudite vont être autorisées à obtenir un passeport et à voyager à l'étranger sans l'accord préalable d'un tuteur de sexe masculin, a annoncé ce jeudi 1er août le gouvernement.

Cette mesure écorne le système saoudien de "gardien masculin", sorte de tuteur, qui assimile les femmes à des mineures toute leur vie durant en les soumettant à l'autorité arbitraire de leur mari, père ou autres parents mâles.

Décriées par les défenseurs des droits humains, ces restrictions ont été déjouées ces derniers mois par plusieurs jeunes saoudiennes qui, faussant compagnie à leurs "gardiens", ont fui à l'étranger de façon rocambolesque.

"Un passeport sera délivré à tout ressortissant saoudien qui en fera la demande", proclame un décret gouvernemental publié dans le journal officiel Umm Al Qura. Selon le quotidien proche du gouvernement Okaz et d'autres médias citant des sources officielles, cette nouvelle règle signifie que toute Saoudienne âgée de 21 ans ou plus va pouvoir obtenir un passeport et quitter le pays sans la permission de son "gardien". Un autre journal progouvernemental, Saudi Gazette, a salué cette mesure comme "un pas de géant pour les femmes saoudiennes".

"Les rêves de certaines femmes ont été brisés à cause de leur impossibilité de quitter le pays pour (...) étudier à l'étranger, pour répondre à une offre d'emploi ou même pour fuir si elles le désiraient", a commenté sur Twitter la femme d'affaires saoudienne Muna AbuSulayman. "Ce changement signifie que les femmes sont sur la voie de prendre totalement le contrôle de leur destinée légale", s'est-elle félicité.

L'autorité parentale pour les mères

Autre changement annoncé ce jeudi 1er août : les Saoudiennes pourront désormais déclarer officiellement une naissance, un mariage ou un divorce, et être titulaires de l'autorité parentale sur leurs enfants mineurs, des prérogatives jusqu'ici réservées aux hommes.

Ces réformes surviennent alors que l'Arabie saoudite est critiquée pour son comportement en matière de droits humains, notamment pour le procès en cours contre onze militantes s'étant élevées publiquement contre le système de "gardien masculin".

A l'image de Loujain al-Hathloul, de nombreuses militantes sont poursuivies pour des contacts avec des médias étrangers, des diplomates et des organisations de défense des droits humains. Elles affirment avoir été torturées et harcelées sexuellement pendant leur détention.

La décision d'autoriser les Saoudiennes à voyager librement s'inscrit dans la série de mesures de libéralisation décidées par le prince héritier Mohammed ben Salmane, alias MBS, qui dirige de facto le royaume ultraconservateur.

Des femmes contraintes de fuir

La plus emblématique de ces réformes a été celle permettant aux femmes de conduire une voiture depuis juin 2018. Les femmes ont également été autorisées récemment à assister à des matches de football, et à accéder à des emplois autrefois strictement réservés aux hommes.

Si elles ont transformé la vie de nombreuses Saoudiennes, ces réformes sont toutefois insuffisantes aux yeux des critiques, qui soulignent que le système de tutorat est encore loin d'être aboli.

Ces derniers mois, plusieurs affaires d'évasions à l'étranger de jeunes saoudiennes se déclarant victimes de violences de la part de leurs "gardiens" ont défrayé la chronique.

Au début de l'année, par exemple, une Saoudienne de 18 ans, Rahaf Mohammed al-Qunun, a obtenu l'asile au Canada après avoir dans un premier temps été arrêtée à l'aéroport de Bangkok, d'où elle avait raconté ses péripéties en direct sur Twitter.

-avec AFP-