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Prendre le bus pollue moins que de louer une trottinette électrique

Prendre le bus pollue moins que de louer une trottinette électrique
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Des déplacements plus verts, bien plus respectueux de l'environnement que les autres modes de transports. Les compagnies de location de trottinettes électriques en ont fait l'un de leur principaux arguments de vente. Mais une étude réalisée par des chercheurs de l'Université de Caroline du Nord aux Etats-Unis, met sérieusement les choses en perspectives.

Ses trois auteurs sont les premiers scientifiques à se baser sur l'analyse du cycle de vie de la trottinette. Comprendre l'ensemble de son impact, fabrication, usage, rechargement...inclus.

Selon les calculs des scientifiques, une trottinette produit l'équivalent de 202g de CO2 au mille - soit 1,60934 km - pour chaque passager. Si l'on se base sur les calculs effectués, prenant donc en compte l'ensemble du "cycle de vie", la trottinette est tout de même moins polluante que la voiture dont le taux de CO2 au mille est d'environ 400g. A l'inverse, le bus, notamment les lignes les plus fréquentées, apparaît être une solution bien plus "éco-friendly". Les chercheurs estiment également, ce qui est certes beaucoup moins étonnant, que les déplacements à vélo, électrique ou non, sont bien moins polluants.

Prendre une trottinette électrique au lieu de pédaler

La trottinette électrique ne serait donc pas une si mauvaise alternative ? Pas certain, au regard justement des types de déplacement qu'elle remplace. Les chercheurs affirment que seul un tiers des locations concernent un trajet qui aurait été effectué autrement en voiture. Près de la moitié du panel interrogé aurait, en revanche, marché ou pédalé, s'il n'avait pas loué de trottinette, 11% aurait pris un bus. Et 7% n'aurait même pas effectué le déplacement...

Autre éclairage intéressant que fournit cette étude à la méthodologie élargie, elle affirme que sur les 202g de CO2 au mille, 50% proviennent des matériaux et de la fabrication. Les trottinettes provenant souvent de Chine avec des batteries au Lithium, cela pèse très lourd dans la facture totale.

Plus étonnant, 43% du bilan écologique serait lié aux tâches de recharges quotidiennes, l'activité de ceux surnommés par les loueurs, les _"juicers"._ Des travailleurs, souvent sans contrat, qui récupèrent les trottinettes, les rechargent et se déplacent toute la journée, et surtout la nuit, en véhicules à essence. Concernant la charge en tant que telle de la trottinette, sa consommation d'énergie serait marginale, à peine 4,7% des 202g de CO2.

Des "trotts" plus vertes ?

Alors comment lutter contrer ses externalités très négatives ? Premier défi pour les entreprises loueuses : parvenir à augmenter considérablement la durée de vie de leurs deux roues. Selon une enquête réalisée par le magazine Quartz à Louisville dans le Kentucky, elle ne serait que de 28,8 jours en moyenne. Les chercheurs de l'Université de Caroline du Nord affirment qu'avec des trottinettes atteignant l'âge de deux ans sur les trottoirs des villes, l'empreinte en CO2 fondrait à 141 g CO2-eq/passager-mile.

Autre piste, et certainement celle que vont privilégier les leaders du secteur : limiter au maximum les déplacements en véhicule à essence des "juicers". Contactée, l'entreprise Lime évoque "une rationalisation des opérations de recharge" couplée à une utilisation d'électricité "100% renouvelable". L'application américaine promet également "une réparation exigeante grâce à un programme de réparation et de réutilisation visant à prolonger le cycle de vie des trottinettes".

Idem pour Bird qui a dévoilé son nouvel engin équipé d'une batterie à la durée de vie plus longue. Plus récemment, c'est le petit nouveau, Dott, qui tente de faire son trou en communiquant sur des trottinettes plus solides et un système de ramassage plus "écolo". Bref, la bataille de la com' verte a bien commencé.