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Inde : Modi estime avoir fait oeuvre de "pionnier" au Cachemire

REUTERS/Adnan Abidi
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À l'occasion du 72ème anniversaire de l'indépendance de l'Inde, le Premier ministre Narendra Modi a affirmé avoir fait oeuvre de "pionnier" au Cachemire en révoquant l'autonomie de la partie de cette région contrôlée par l'Inde.

Le dirigeant nationaliste a affirmé que des "idées neuves" étaient nécessaires après sept décennies d'échec politique dans le Cachemire. La région coupée du monde depuis le 4 août est majoritairement peuplée de musulmans. Un black-out des communications et de fortes restrictions à la circulation ont été imposés par les autorités indiennes avant l'annonce de la révocation de l'Article 370 de la Constitution qui conférait un statut spécial à cette zone.

L'inde prévoit de diviser le Cachemire

Outre la révocation de l'autonomie constitutionnelle, le gouvernement Modi a également présenté au Parlement un projet de loi pour diviser le Jammu-et-Cachemire, dont sera séparée la partie orientale, le Ladakh à majorité bouddhiste.

Le Jammu-et-Cachemire restant, qui comprendra les plaines à majorité hindoue de Jammu au sud et la vallée de Srinagar à majorité musulmane dans le nord, va perdre le statut d'État fédéré, pour être rétrogradé au statut de "territoire de l'Union". Cela signifie que la région sera sous l'administration directe de New Delhi et n'aura presque plus aucune autonomie.

"Le Jammu-et-Cachemire et le Ladakh seront une grande source d'inspiration pour le voyage de l'Inde vers la croissance, pour le progrès et la paix", a ajouté le dirigeant de 68 ans.

"Les anciens arrangements au Jammu, au Cachemire et au Ladakh encourageaient la corruption et le népotisme, ainsi que l'injustice en ce qui concernait les droits des femmes, des enfants, des dalits (ndlr: autrefois appelés "intouchables"), des communautés tribales" a déclaré le leader indien.

Un couvre-feu progressivement assoupli

Le couvre-feu imposé au Cachemire sous contrôle indien va être assoupli après la fête nationale de l'Indépendance jeudi, mais téléphone et internet resteront coupés, selon le gouverneur de l'Etat du Jammu-et-Cachemire cité mercredi par la presse locale.

Redoutant des manifestations de masse, des dizaines de milliers de soldats supplémentaires y ont été déployés pour surveiller la mise en oeuvre de la décision surprise du Premier ministre indien Narendra Modi.

Mardi, un porte-parole du ministère indien de l'Intérieur a assuré sur Twitter que les restrictions étaient "en train d'être allégées de manière progressive" dans l'Etat du Jammu-et-Cachemire.

Selon des habitants, ce blocage n'a cependant pas empêché une manifestation de quelque 8.000 personnes après la prière de vendredi dernier, qui a été dispersée par des tirs des forces de sécurité de gaz lacrymogène et de billes de plomb.

"Nous allons leur donner une réponse ferme"

A l'issue de son allocution de 90 minutes, le Premier ministre indien a lancé des "Jai Hind" ("Vive l'Inde") repris par des écoliers vêtus aux couleurs du drapeau indien, avant que ne retentisse l'hymne national.

La révocation de l'autonomie de la région et sa dislocation ont été qualifiées d'"illégales" par le Pakistan, les deux pays se disputant le Cachemire depuis leur partition en 1947, au terme de la colonisation britannique.

Mercredi, jour de l'indépendance du Pakistan, le Premier ministre Imran Khan a adopté un ton guerrier mettant l'Inde en garde contre toute agression dans sa partie du Cachemire : "L'armée pakistanaise dispose d'informations solides selon lesquelles ils ont l'intention de faire quelque chose au Cachemire pakistanais", a-t-il dit. "Nous allons leur donner une réponse ferme."

Dimanche, Imran Khan avait comparé l'inaction de la communauté internationale face aux événements au Cachemire au silence ayant entouré l'émergence d'Hitler en Allemagne dans les années 1930.

Le Cachemire est divisé de fait entre l'Inde et le Pakistan depuis la partition de l'empire colonial britannique des Indes en 1947, qui le revendiquent tous deux. Les deux pays se sont livrés depuis trois guerres, dont deux à propos de cet ancien Etat princier.

Une insurrection séparatiste fait aussi rage depuis 1989 au Cachemire indien et a coûté la vie à plus de 70.000 personnes, principalement des civils. New Delhi accuse son voisin pakistanais de soutenir en sous-main les groupes armés à l'oeuvre dans la vallée de Srinagar, ce qu'Islamabad a toujours démenti.

En prévision de possibles troubles, les autorités indiennes avaient déployé avant la révocation plus de 80.000 paramilitaires supplémentaires dans cette zone où sont déjà cantonnés un demi-million de soldats indiens.

Le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra vendredi matin une réunion à huis clos pour évoquer la situation au Cachemire, a-t-on appris jeudi auprès de diplomates.

-Avec AFP-