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Soudan : ouverture du procès pour corruption d'Omar el-Béchir

Soudan : ouverture du procès pour corruption d'Omar el-Béchir
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Omar el-Béchir, au pouvoir durant trois décennies au Soudan, a reconnu avoir perçu 90 millions de dollars en espèces de l'Arabie saoudite, a rapporté lundi un enquêteur à l'ouverture du procès pour corruption du président déchu à Khartoum.

Assis dans une cage en métal, mal rasé, voici celui qui a dirigé le Soudan durant 30 ans. Omar el-Béchir, déposé par l'armée le 11 avril dernier, est accusé de corruption et de trafic d'influence. Son procès s'est ouvert, a l'abris des caméras, ce lundi à Khartoum.

Selon l'accusation, qui a détaillé les aveux de Mr Béchir, il aurait perçu près de 90 millions de dollars de la part de l'Arabie Saoudite alors qu'il était encore le président tout puissant du pays.

L'accusation a ainsi affirmé qu'Omar el-Béchir 75 ans, avait avoué qu'il décidait de l'utilisation de ces sommes, qu'elles avaient effectivement été dépensées, mais qu'il ne se rappelait pas précisément comment et ne disposait d'aucun document.

Crimes au Darfour

Amnesty International a averti la semaine dernière que son procès pour corruption ne devait pas détourner l'attention des accusations plus lourdes auxquelles l'ancien dirigeant est confronté à La Haye.

M. Béchir, qui a dirigé le pays d'une main de fer après un coup d'État soutenu par les islamistes en 1989, fait l'objet de mandats d'arrêt internationaux de la CPI pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide au cours de la guerre au Darfour (ouest), où une rébellion a éclaté en 2003.

L'ONU affirme que le conflit a fait plus de 300 000 morts et 2,5 millions de déplacés, et que des centaines de milliers de personnes vivent encore dans des camps misérables et appauvris.

La CPI exige depuis des années que Omar el-Béchir soit jugé, et a renouvelé son appel depuis sa chute.

Amnesty a exhorté les nouvelles institutions de transition au Soudan à ratifier le Statut de Rome de la CPI, ce qui permettrait de le transférer. La signature d'un accord entre généraux au pouvoir et contestation, samedi, laisse ouverte la possibilité d'une telle décision même si jusqu'à présent les militaires ont toujours refusé son extradition vers La Haye.