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Les démocrates veulent la tête de Trump : procédure de destitution lancée

Les démocrates veulent la tête de Trump : procédure de destitution lancée
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C'est une prise de risque qui pourrait se retourner contre lui. Le Parti démocrate américain a tout de même décidé de franchir le pas en lançant une procédure d' "impeachment", autrement dit de destitution, contre le président Trump. Ce dernier est soupçonné d'avoir fait pression sur son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, au cours d'un entretien au téléphone : en échange de l'aide militaire à l'Ukraine, il aurait cherché à obtenir des renseignements sur le fils de Joe Biden, Hunter, dont il est persuadé qu'il a fait des affaires douteuses dans le pays dans le secteur gazier.

L'idée de Donald Trump aurait été de déstabiliser son adversaire probable à la prochaine élection présidentielle, en novembre 2020, puisque Joe Biden (en photo ci-dessous), ancien vice-président aux côtés de Barack Obama, reste le favori des démocrates pour la future primaire. Seulement, le président ne s'attendait certainement pas à ce qu'un agent des services de renseignements américains avertisse sa hiérarchie d'une conversation suspecte avec le chef d'Etat ukrainien. Plusieurs médias américains indiquent que ce lanceur d'alerte pourrait être entendu par des membres du Congrès.

L'attaque frontale de Pelosi

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, ennemi intime de Trump, a donné le coup d'envoi de la procédure de mise en accusation lors d'un discours devant le Congrès des Etats-Unis à Washington. "Aujourd'hui, a-t-elle déclaré solennellement, j'annonce que la Chambre des représentants ouvre une enquête officielle en vue d'une procédure de destitution". Ce que reproche surtout la responsable démocrate au locataire de la Maison Blanche, ce sont des actes qui "à ce jour ont gravement violé la Constitution".

La Chambre va maintenant être chargée de mener une enquête, et, si celle-ci mène à des conclusions concrètes, avec des accusations étayées, le Sénat devra alors organiser et conduire un procès contre le chef de l'Etat. C'est là que le bât blesse car les républicains détiennent la majorité au Sénat, et l'air de rien, beaucoup d'entre eux gardent leur fidélité au président malgré toutes ses décisions controversées et ses changements d'humeur souvent difficiles à comprendre.

La sérénité apparente de Trump

Donald Trump, en apparence, ne montre guère d'inquiétude. A New York, où il assistait à l'Assemblée générale de l'ONU, il a réagi d'emblée, qualifiant le lancement d'un processus de destitution de "chasse aux sorcières de caniveau". Pour l'anecdote - faut-il y voir un bon ou un mauvais signe ? -, le président a appris la mauvaise nouvelle alors qu'il se trouvait à la "Trump Tower", son gratte-ciel de luxe d'où il avait annoncé sa candidature à la présidentielle américaine en 2015.

Il a aussi tweeté un simple : "Harcèlement du président !".

Les turbulences n'ont pas manqué au cours du mandat, la plus forte ayant été provoquée par les soupçons d'ingérence de la Russie dans le dernier scrutin présidentiel. Cependant, les enquêtes parlementaires sur cette affaire ont jusqu'à présent accouché d'une souris. La nouvelle secousse s'annonce plus intense mais l'histoire des Etats-Unis parle d'elle-même : seulement deux présidents ont été menacés d'être destitués, Andrew Johnson en 1868, puis bien plus tard, Bill Clinton en 1998, et ils s'en sont sortis, l'un et l'autre, sans trop de mal.