DERNIERE MINUTE

Cigarette électronique : les questions autour de sa dangerosité persistent

Cigarette électronique : les questions autour de sa dangerosité persistent
Euronews logo
Taille du texte Aa Aa

De l'autre côté de l'Atlantique la cigarette électronique est devenue cet été une véritable urgence sanitaire. Les Etats-Unis ont connu une vague de maladies pulmonaires, une "mystérieuse épidémie" qui alarme jusqu’en Europe.

Dans les trois quarts des cas, les malades américains ont consommé dans leur cigarette électronique des produits au THC, l'agent psychoactif du cannabis, souvent achetés illégalement. Mais les causes exactes de l'épidémie sont toujours inconnues.

Cinq États américains ont banni la cigarette électronique et l'Inde a décidé de l' interdire complètement sur l’ensemble de son territoire après 29 décès aux Etats unis et plus d'un milliers de malades.

En Europe pas de trace d’une quelconque "épidémie" liée au vapotage. Le seul décès possible été rapporté par les médias britanniques ont rapporté en 2010.

Médecin et agences de santé publique montent au créneau

Mais en France et au Royaume Uni, les agences de santé défendent la cigarette électronique comme un moyen sûr et efficace d'arrêter le tabac.

"74 000 décès par cigarettes chaque année, le vapotage offre une alternative beaucoup plus sûre que le tabac, très clairement." expliquait fin septembre Roger Genet, le directeur de Agence nationale de sécurité sanitaire française sur l'antenne de France Info.

Car depuis la crise américaine, autorités de santé et médecins spécialistes de l'addiction craignent que les consommateurs ne se tournent de nouveau vers le tabac.

Pour Martin Dockrell, en charge du programme de la lutte contre le tabagisme pour l'agence de santé publique britannique, dire que les cigarettes électroniques sont dangereuses, revient à mettre leur santé en danger : "Parce que si les gens croient, à tort qu'elles sont aussi nocives que le tabac, ils ne passeront pas à la cigarette électronique et réduiront leur chance d’arrêter complètement de fumer."

L'Agence sanitaire Santé publique France estime que 700.000 fumeurs quotidiens ont arrêté le tabac avec l'aide de la cigarette électronique entre 2010 et 2017

Des doutes subsistent

La prestigieuse revue britannique The Lancet, elle, vient de publier un éditorial sévère appelant à mettre sur le même plan vapotage et cigarettes en termes de santé publique.

"Les fabricants de e-cigarettes et certains spécialistes de santé publique les considèrent comme un outil de sevrage et une alternative plus sûre que la cigarette. Mais peu de preuves soutiennent ces affirmations", juge The Lancet.

Ces incertitudes expliquent pourquoi le ministère de la Santé français, comme l'OMS, n'inclut pas le vapotage dans son arsenal de prévention du tabagisme (augmentation des prix, remboursement des patchs et opération Mois sans tabac, qui démarrera le 1er novembre).

Une réglementation plus stricte en Europe

Des laboratoires américains ont trouvé du glycol et des métaux lourds dans des liquides des e-ecigarette , mais le composant le plus dangereux semble être une huile qui provient d'un produit chimique dérivé de la vitamine E. En Europe, une réglementation plus ferme interdit ces additifs vitaminiques et limite la quantité de nicotine.

"Les e- cigarettes ne sont pas des produits sûrs", explique la porte-parole de la Commission européenne en matière de santé, Anca Păduraru. "Donc notre but est de faire en sorte de protéger autant que possible le consommateur. Les fabricants sont très surveillés quant à la nocivité de leurs ingrédients. "

L'Union Européenne déclare surveiller attentivement les avertissements de l'agence américaine de la santé. En attendant, la Commission européenne reste peu disposée à prendre des décisions vis à vis des cigarettes électroniques avant la délivrance d’un rapport en 2021.

Euronews n'est plus accessible sur Internet Explorer. Ce navigateur n'est plus supporté par son éditeur, Microsoft, et les dernières fonctionnalités techniques de notre site ne peuvent plus fonctionner correctement. Nous vous encourageons à utiliser un autre navigateur, tels que Edge, Google Chrome ou Mozilla Firefox.