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Espagne : les footballeuses en grève contre les inégalités salariales

Les joueuses signataires après la réunion de mardi 22 octobre
Les joueuses signataires après la réunion de mardi 22 octobre -
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EFA (Asociación de Futbolistas Españoles)
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Près de 200 footballeuses professionnelles espagnoles évoluant dans les 16 clubs de première division ont annoncé, ce mardi, une grève illimitée. Elles réclament la création d'un accord de travail pour toutes les joueuses professionnelles.

Quelles sont leurs revendications ?

Leur réclamation principale est la rémunération. Jusque-là, l'Association des clubs féminins, formée par les équipes de première division, excepté l'Athletic Club, Barcelone et Tacón, offrait un salaire minimum de 12 000 euros sur une saison pour un temps complet (40 heures de présence au club par semaine) et de 8 000 euros pour un temps partiel (20 heures de présence au club par semaine). L'AFE, le syndicat des joueurs professionnels espagnols, réclame que ces salaires soient calqués sur celui de leurs homologues masculins, soit 16 000 euros par saison pour un temps complet et 12 000 pour un temps partiel. Si 75 % des footballeuses n'ont qu'un contrat partiel, ces dernières sont souvent considérées par les clubs comme des joueuses professionnelles. "Nous sommes des joueuses de football à 100 %, à toutes les heures" a déclaré Ainhoa Tirapu, footballeuse de l'Athletic Club et vice-présidente du comité de football féminin de l'AFE. Cette demande signifierait une augmentation de la masse salariale d'environ 350 000 euros pour chaque club. Une augmentation conséquente, impensable pour certains.

93 % des 188 joueuses de cette ligue ont déclaré être favorables à cette grève. Mais ce n'est pas seulement une question d'argent. "Nous voulons aller beaucoup plus loin en terme de droits. Nous espérons arriver à un accord, mais nous devions prendre des décisions drastiques parce que c'est le moment pour le football féminin" continue Ainhoa Tirapu. Car les joueuses sont prêtes à accepter un compromis, pourvu que l'association des clubs accède à 75 % de ce qu'elles réclament.

Pour l'instant, aucune date de début de grève n'a été avancée. Ce qui signifie que les matches prévus ce week-end devraient se jouer normalement. Pour éviter que la grève ne devienne réalité, le syndicat et les patrons du football féminin espagnol doivent se rencontrer de nouveau le plus rapidement possible pour arriver à un accord.

Tobias SCHWARZ / AFP
Les joueuses de Barcelone posent pour la photo d'équipe avant le match de football final de la Ligue des Champions Féminine de l'UEFA, le 18 mai 2019 à BudapestTobias SCHWARZ / AFP

Le football féminin espagnol en constante progression

Si le FC Barcelone et l'Atletico Madrid ont une section féminine depuis les années 1980, le Real Madrid était lui à la traîne. Pour rattraper ce retard, le club de la capitale a décidé d'absorber le CD Tacón, une méthode courante en Espagne. Les Merengues ont déboursé 500 000 euros pour ce faire et ont maintenant une saison pour bâtir une équipe avant de débuter en première division, en août 2020. Si cette absorption a fait débat de l'autre côté des Pyrénées, certains critiquant le fait que le club de la capitale achète sa place, l'Atlético, l’Athletic, le Barça, Valence, Levante, le Betis, Séville et Málaga ont tous procédé de la même manière. Et il y a fort à parier que si Florentino Perez, président du Real Madrid, s'engage sur cette voix, c'est pour, à terme, dominer le football international. L'arrivée de la Maison Blanche en première division va donc donner un véritable coup de boost au football féminin espagnol.

En Espagne et partout ailleurs

Après une Coupe du monde réussi au Canada en 2015, celle en France, cet été, a également déchaîner les passions. Mais la question était de savoir si cet engouement allait se poursuivre une fois cette compétition terminée. Pour la plupart des matches de D1, la première division hexagonale, les affluences sont peu ou proues les mêmes que pour la saison précédente. Mais les instances continueront de faire des efforts pour attirer du monde. Arkéma (un groupe chimique français)est devenu le sponsor officiel de la première division féminine en France, pour une somme légèrement supérieure à un million d'euros par saison. Canal +, de son côté, a également accéléré. Le chaîne cryptée a annoncé diffuser dix matches cette saison, contre seulement deux la saison dernière.

Les clubs amateurs en profitent aussi. Selon Brigitte Henriques, vice-président de la fédération française de football (FFF), "on devrait enregistrer une hausse de plus de 20 % des licenciées pour cette saison post Coupe du monde féminine. Le cap des 200 000 devrait être franchi avant la fin du mandat en décembre 2020. Ce serait une belle réussite puisqu'il y en avait 53 000 en 2011".

La question des salaires avait également été abordée suite à cette Coupe du monde. Une polémique sur les primes touchées par les joueuses de l'Equipe de France avait éclaté. En effet, selon le système instauré par Noël Le Graët, président de la FFF, les primes des femmes étaient d'environ 10 fois moins importantes que celles des hommes. Une polémique vite éteinte par le principale intéressé : les Bleues ont touché 30 % de la dotation allouée par la FIFA à la FFF, soit le même pourcentage que les hommes, un an plus tôt.

En club, l’écart est encore abyssale. Le salaire mensuel moyen des joueuses évoluant en D1 est de 2 494 euros bruts selon la FFF, alors que leurs homologues de L1 touchent en moyenne 108 422 euros bruts.

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