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Procédure de destitution de Trump : des auditions devant des millions de téléspectateurs

Le président des Etats-Unis, Donald Trump, à Atlanta en Georgia, le 8 novembre 2019.
Le président des Etats-Unis, Donald Trump, à Atlanta en Georgia, le 8 novembre 2019. -
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REUTERS/Jonathan Ernst
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Six semaines après le lancement de l'enquête, c'est une étape charnière de la procédure de destitution de Donald Trump qui débute aux États-Unis. Jusqu'ici, les auditions avaient eu lieu à huit clos. Désormais, elles seront diffusées en direct et vues des millions de téléspectateurs et d'internautes.

« La télévision introduit la procédure de destitution dans votre salon, votre bureau, sur votre téléphone, commente Leonard Steinhorn, professeur de sciences politiques et communication à la Americain University. Et le pouvoir émotionnel est immense parce que vous entendez cela de la bouche des témoins. »

À l'issue des auditions, la Chambre des représentants débattra et votera pour savoir si elle doit oui ou non mettre en accusation le 45e président américain pour abus de pouvoir en adoptant une résolution de destitution. Pour cela, la majorité simple suffit. L'opposition démocrate étant majoritaire, cette étape a de fortes chances d'être franchie.

C'est ensuite devant le Sénat que se tiendrait le procès, au terme duquel une majorité des deux tiers serait requise pour destituer Donald Trump. Les Républicains y étant majoritaires, cette ultime étape aurait peu de chances d'aboutir.

Au cœur de l'impeachment, une question : Donald Trump a-t-il forcé la main du président ukrainien Volodymyr Zelensky pour qu'il lance une enquête de corruption, visant tout particulièrement le fils de son rival démocrate Joe Biden ? En clair, a-t-il exercé un chantage pour salir celui qui pourrait être son adversaire à la présidentielle de 2020 ?

Hunter, le fils Biden est dans le conseil d'administration d'un groupe gazier ukrainien et d'après l'entourage de Trump le père serait intervenu pour lui éviter des ennuis judiciaires.

Les cris d'orfraie des républicains en défense du président semblent en tout cas amuser Leonard Steinhorn.

« D'abord, les républicains ont dit que Donald Trump n'avait rien fait de mal, explique-t-il. Ensuite, ils ont dit qu'il avait peut-être fait quelque chose de mal mais que ce n'était pas si grave. Et maintenant ils disent qu'il y a peut-être eu donnant-donnant, qu'il a peut-être forcé les Ukrainiens à faire quelque chose en échange d'une aide des États-Unis et franchi la ligne rouge mais que ça ne mérite pas une destitution. »

Point d'orgue d'une présidence tumultueuse, le feuilleton de l'impeachment promet encore bien des rebondissements. Donald Trump est le quatrième président de l'histoire des États-Unis à être visé par une telle procédure. Aucune n'a abouti.

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