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L'exode des déplacés de Marawi aux Philippines : l'histoire d'Anidah

L'exode des déplacés de Marawi aux Philippines : l'histoire d'Anidah
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Sur l'île de Mindanao aux Philippines, 66.000 personnes qui ont fui le siège de la ville de Marawi en 2017 restent des déplacés. Anidah, son mari et leurs sept enfants en font partie. Ils vivent dans le site d'abris temporaires de Boganga qui a ouvert cette année dans l'est du quartier ancien de Marawi, aujourd'hui presque totalement détruit, et occupent un espace de quelques m². Sur place, les enfants déplacés ont accès à l'éducation grâce à un projet mené par Save the Children et soutenu par le service de la Commission européenne à l'aide humanitaire.

Anidah nous raconte le parcours de la famille et ses conditions de vie."On vivait dans le quartier ancien de Marawi qu'on appelle aujourd'hui "Ground Zéro" ; on avait un internet café, c'était notre source de revenus," dit-elle. "C'est là-bas que je suis née, que j'ai grandi, que je me suis mariée et que j'ai eu mes enfants," indique la mère de famille.

"Sur le coup, on s'est dit que le conflit s'arrêterait au bout de quelques jours ; mais quand on a entendu les avions bombarder les maisons, on a décidé de s'enfuir," poursuit Anidah évoquant le siège imposé à sa ville suite à l'offensive du gouvernement philippin contre les groupes affiliés à l'organisation Etat islamique.

"On est allé d'un endroit à un autre"

"Pendant le siège, on est allé dans la famille de mon mari et on a tout vendu, la vie était très dure," explique-t-elle.

"On a continué d'aller d'un endroit à un autre et on a fini par arriver ici," ajoute-t-elle.

"On est allé visiter notre maison après le siège et on a récupéré quelques affaires qui avaient de la valeur et on a vendu tout ce qu'on pouvait vendre," dit la mère de famille. "On avait une maison sur deux étages : là, on voit comment c'était avant 2017," déclare-t-elle en nous montrant des photos de sa maison bien décorée. "Et là c'est une photo de 2018," décrit-elle. Sur le cliché, sa maison est en ruines.

"Les enfants peuvent aller à l'école"

"On est arrivé ici cette année : c'est très dur," fait remarquer Anidah. "On s'est installé ici pour pouvoir gagner de l'argent, on a ouvert un petit magasin [ndlr : au niveau d'une fenêtre de leur abri] et les enfants peuvent aller à l'école," poursuit-elle. "Quand on était dans notre abri précédent, l'école était très éloignée," précise-t-elle.

"On ne sait pas si on aura la possibilité d'avoir une maison permanente parce que je n'ai pas entendu dire que dans l'avenir, on donnera encore des maisons aux personnes déplacées : donc il est possible qu'on doive rester ici," affirme-t-elle.

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