DERNIERE MINUTE

Un robot européen de maintenance industrielle, Prix Radar de l'Innovation 2019

Un robot européen de maintenance industrielle, Prix Radar de l'Innovation 2019
Taille du texte Aa Aa

Pour avoir un avant-goût de la robotique industrielle européenne du futur, nous nous rendons dans un laboratoire de robotique du sud de la Suisse à Lamone où une équipe développe dans le cadre d'un projet de recherche européen appelé 4D Hybrid, un robot d'un nouveau type.

Ce prototype élaboré par des spécialistes de la robotique, cinétique, dynamique et mécatronique et par des ingénieurs en vision par ordinateur et informatique a été conçu pour inspecter et effectuer des réparations sur les sites industriels qui se trouvent dans des zones reculées ou en environnement hostile. Il peut grimper sur des parois métalliques totalement lisses comme la coque d'un bateau ou la structure d'une plateforme offshore.

"La principale caractéristique du robot," explique Anna Valente, professeure de robotique industrielle à l'Université des Sciences Appliquées et Arts de la Suisse méridionale (SUPSI), structure qui assure la coordination technique du projet, "c'est sa capacité à opérer dans des conditions extrêmes, complexes et risquées tout en étant résistant. On a besoin d'un outil de ce type pour le déployer par des températures allant de - 20 à + 35 degrés : une plage thermique vraiment intéressante," insiste-t-elle avant d'ajouter : "Le robot doit pouvoir supporter l'eau, le sel, le vent : il doit être solide."

Chenilles et aspiration

Le prototype peut grimper sur des parois extrêmement glissantes grâce à ses chenilles de traction. Il est équipé de deux courroies en caoutchouc qui le maintiennent en contact avec la surface grâce à un système d'adhérence à aspiration.

"Le principal défi consistait à garantir les performances du système d'adhérence," reconnaît Diego Gitardi, ingénieur mécanique au sein de l'Université SUPSI. "On devait être sûr que le robot serait capable de résister à son propre poids tout en se déplaçant sur la paroi verticale, mais on devait aussi s'assurer qu'il pourrait se maintenir verticalement en effectuant son travail de réparation," fait-il remarquer.

Remplacer l'homme dans les environnements à risque

Le robot a été programmé pour détecter la corrosion, la nettoyer et réparer la surface altérée.

"Le robot est capable de réaliser des manipulations complexes, articulées qui sont habituellement réalisées manuellement par des opérateurs humains," indique Anna Valente. "Mais dans des conditions comme celles-là, les hommes sont confrontés à des risques importants pour leur santé et leur sécurité," précise-t-elle.

Lors d'un événement dédié à la recherche européenne fin septembre à Bruxelles, le projet d'Anna Valente a été salué pour ses avancées et sa stratégie commerciale : il a reçu le Prix général des Prix Radar de l'Innovation. Une initiative de la Commission européenne pour soutenir ceux qui innovent.

Le défi de la mise sur le marché

"Dans l'Union européenne, nous avons de la science d'excellence," fait remarquer Signe Ratso, directrice générale adjointe de la Direction générale de la Recherche et de l'Innovation à la Commission européenne, présente lors de l'événement.

"Nous ne représentons que 7% de la population mondiale, mais nous comptons pour 20% du financement dans la recherche et l'innovation et nous sommes à l'origine d'un tiers des publications d'excellence dans le monde," se félicite-t-elle.

"Là où nous ne sommes pas encore aussi performants," tempère-t-elle, "c'est dans le transfert des résultats scientifiques du laboratoire au marché. Mais nous voulons y remédier grâce aux fonds européens dédiés à l'innovation que nous allons établir dans le cadre de Horizon Europe, le nouveau programme pour la recherche," affirme-t-elle.

Les chercheurs implantés en Suisse ont déjà une idée précise du futur placement de leur robot sur le marché. "La logistique navale est un segment essentiel et stratégique pour nous," insiste la professeure de robotique industrielle Anna Valente. "Le robot peut être utilisé sur des sites offshore comme des plateformes pétrolières et gazières ou des éoliennes ; notre technologie peut aussi avoir des applications dans le secteur aérospatial," précise-t-elle enfin.

Euronews n'est plus accessible sur Internet Explorer. Ce navigateur n'est plus supporté par son éditeur, Microsoft, et les dernières fonctionnalités techniques de notre site ne peuvent plus fonctionner correctement. Nous vous encourageons à utiliser un autre navigateur, tels que Edge, Google Chrome ou Mozilla Firefox.