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Algérie : un "hirak" sans frontières qui ne faiblit pas

Algérie : un "hirak" sans frontières qui ne faiblit pas
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42e vendredi de contestation à Alger et une mobilisation toujours plus importante, une semaine avant des élections présidentielles qui divisent l'Algérie. L'héritage post-Bouteflika est loin d'être évident. Depuis fin février, le "hirak" ne faiblit pas et ce n'est pas le débat télévisé ce vendredi entre les 5 candidats qui apaisera le peuple.

Lachemi Belhocine est un avocat basé en Suisse et président d'"Algériens Sans Frontières", un collectif rassemblant des dizaines de personnalités algériennes (hommes politiques, intellectuels, artistes, économistes...). Ce collectif a tenu sa première conférence le mois dernier à Genève durant laquelle il a appelé à une période de transition.

Euronews l'a interviewé :

"Je suis désolé de vous le dire mais personne n’est dupe dans cette histoire. C’est une véritable mascarade. Pas plus tard qu’avant-hier, le ministre de l’Intérieur, un ministère très important dans n’importe quel Etat. Et bien, il s’est permis d’insulter les Algériennes et les Algériens avant de se rétracter d’une manière très maladroite également. Très franchement, je ne pense pas qu’il y ait un Algérien ou une Algérienne qui serait intéressé d’écouter des gens qui les insultent. Pour moi, c’est juste une mascarade. Il nous a traité d’homosexuels. Le fait de traiter quelqu’un d’homosexuel dans le but de le rabaisser, est déjà punissable pénalement. C’est une infraction en soi. Mais au-delà de l’attitude ou du contenu des propos, il nous a traité de pervers, traiter son peuple lorsque vous êtes au service de ce peuple, que vous êtes payés par l’argent de ce peuple, cela prouve encore une fois que le peuple a raison de ne pas faire confiance à ce régime."

Lachemi Belhocine, comme les manifestants, s'oppose à une élection destinée, selon lui, à régénérer un système politique au pouvoir depuis l'indépendance en 1962. En effet, les 5 candidats ont tous fait partie, de près ou de loin, à la galaxie Bouteflika.

"C’est juste impressionnant. Je vais vous donner deux exemples vraiment concrets. En Egypte, le maréchal Sissi, lorsqu’il veut mobiliser des gens, est capable, et on l’a déjà vu, de mobiliser entre 50 et 60 000 personnes sur la place Tahrir. Idem pour Maduro au Vénézuéla, il est capable de mobiliser jusqu’à un million de supporters qui sortent le soutenir.
Ici, ces cinq candidats n’ont pas été capables de mobiliser mille personnes, mille ! Cela veut tout dire. Ce sont des marionnettes, des pantins affiliés a des gens puissants. Ils sont pour moi l’expression de cinq groupes puissants qui sont en train de s’affronter via cette mascarade d’élection. Je ne crois absolument pas en leur candidature."

Lahchemi Belhocine est aussi l'avocat à l'origine de la plainte déposée il y a de cela quelques mois auprès des autorités suisses appelant au gel des avoirs détournés par le clan Bouteflika durant vingt années de règne.

"On continue de travailler d’arrache-pied. Notre action s’emboîte dans deux types d’action. Une purement politique, en allant demander le gel des avoirs en Suisse. Il y a eu des retours. Les banques suisses ont demandé à tous les fonctionnaires algériens qui détiennent des comptes ici de quitter la banque. Cela a été fait.

En revanche, ce que je trouve triste, c’est que jusqu’à maintenant, je n’ai pas vu la moindre démarche concrète de demande de gel ou de récupération qui aurait été entamée par l’actuel gouvernement. A part les discours bien fournis, aucune démarche n’a été entamée en vue de les récupérer quand bien même il y’aurait des hôtels ici en Europe et aussi au Canada et aux USA. Ils savent très bien qu’ils pourraient demander l’entraide judiciaire. Ceci concerne l’aspect politique. Pour l’aspect juridique, nous continuons à constituer des dossiers. Nous avons des informations importantes à ce sujet."

Pour le peuple algérien, bien décidé à tourner définitivement cette page de l'histoire politique du pays, le combat continuera bien au-delà de cette élection présidentielle.

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