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Johnson brandit le risque de "paralysie" du Brexit en cas de défaite jeudi

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Johnson brandit le risque de "paralysie" du Brexit en cas de défaite jeudi
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Le Premier ministre britannique Boris Johnson a mis en garde mardi contre le risque d'une nouvelle "paralysie" du Brexit en cas de victoire de l'opposition travailliste lors des élections générales de jeudi, opposition qui intensifie ses attaques sur le système de santé.

Les sondages restent favorables au dirigeant conservateur, qui a convoqué les deuxièmes élections anticipées depuis le choc du référendum sur le Brexit en 2016 afin d'obtenir la majorité nécessaire pour sortir le Royaume-Uni de l'Union européenne au 31 janvier.

Corbyn recentre le débat sur la santé

Mais Boris Johnson est apparu embarrassé lundi lorsqu'il a été confronté à la photo d'un enfant de quatre ans étendu sur le sol d'un hôpital en attendant d'être traité. Ravageuse, l'image a été utilisée par les travaillistes pour dénoncer les effets sur le système public de santé, le NHS, de la politique d'austérité menée pendant neuf ans par les conservateurs.

"Ce n'est pas la faute des infirmières, ni celle des médecins. Ce n'est pas la faute des services de santé", a déclaré mardi le leader du parti travailliste Jeremy Corbyn. "C'est la faute du gouvernement qui a sous-financé le National Health Service (Sécurité sociale, ndlr)".

Inéluctable débat sur le Brexit

Autre coup dur pour le chef du gouvernement, il a été accusé mardi de récupération politique de l'attentat meurtrier de London Bridge par David Merrit, le père de l'une des victimes, pour avoir promis un durcissement sécuritaire.

En campagne dans le centre de l'Angleterre, en terre pro-Brexit, le Premier ministre s'est lancé dans une virulente critique de Jeremy Corbyn, qui veut négocier un nouvel accord avec l'Union européenne et le soumettre à référendum avec comme alternative le maintien dans l'UE.

"C'est grotesque. Pire, cela serait désastreux", a-t-il jugé lors de cet événement où il est mis au volant d'un engin de chantier pour démolir un faux mur de briques indiquant "impasse". (...) "Soit nous allons de l'avant (en réalisant le Brexit) soit c'est encore la paralysie", pour le Premier ministre sortant.

Macron veut aller "rapidement"

Fidèle à sa tactique habituelle, Boris Johnson a contre-attaqué en insistant sur un coup dur pour le Labour survenu le matin même. Leur spécialiste des questions de Santé, Jonathan Ashworth, a jugé "désespérées" les perspectives de victoire de son parti, et mis en cause la personnalité de Jeremy Corbyn, chef très à gauche de la formation, dans une conversation privée qui a fuité sur un blog politique pro-Brexit, Guido Fawkesun. Selon lui, les électeurs "ne peuvent pas supporter Corbyn et pensent que le Labour a bloqué le Brexit".

Des propos tenus sur le ton de la "plaisanterie", s'est-t-il ensuite défendu au micro de la BBC. Mais qui tombent au plus mauvais moment, alors que le parti travailliste comptait sur Ashworth pour faire le tour des plateaux de télé et de radio sur le thème de la dégradation du NHS.

Boris Johnson a mené campagne avec pour seul message de réaliser le Brexit, qui a plongé le Royaume-Uni dans une profonde crise politique et reste dans l'impasse trois ans et demi après le vote des Britanniques à 52% en faveur d'une sortie de l'UE.

Le président français Emmanuel Macron a exprimé mardi le souhait d'"avancer rapidement" sur le dossier dès que seront connus les résultats des législatives.

Avec un scrutin qui s'annonce serré dans de nombreuses circonscriptions, les travaillistes cherchent cependant à combler leur retard et pourraient, si Boris Johnson ne réussit pas son pari d'obtenir une majorité absolue, s'allier avec des petits partis pour diriger le pays.

Le Labour a mené une campagne très à gauche basée sur la défense des services publics, notamment le NHS auquel les Britanniques sont très attachés.

Après le Brexit, au coeur de ces élections censées démêler la crise politique, le NHS est la deuxième préoccupation des électeurs. Selon une étude de l'institut YouGov, cette question est vue comme le principal point fort du programme travailliste, qui prévoit des dépenses massives pour l'améliorer.