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COP25 : un bilan décevant, loin de l'urgence climatique

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COP25 : un bilan décevant, loin de l'urgence climatique
Tous droits réservés  REUTERS/Nacho Doce
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Un accord minimal et des pays plus divisés que jamais, c'est le triste bilan de la COP25 de Madrid, qui s'est achevé ce dimanche après deux jours de négociations supplémentaires.

"Le monde nous regarde, et attend des solutions concrètes et plus ambitieuses", a déclaré en fin de conférence la présidente chilienne de la COP25, Carolina Schmidt. "C'est pourquoi nous ne sommes pas satisfaits, l'accord conclu par les parties présentes n'est pas suffisant pour répondre à l'urgence de la crise climatique."

"Je suis déçu du résultat de la COP25", a indiqué pour sa part Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU dans un communiqué. "La communauté internationale a perdu une occasion importante de faire preuve d'une ambition plus grande en matière d'atténuation (réduction des émissions de gaz à effet de serre), d'adaptation et de financement de la crise climatique", a-t-il insisté.

Les pays participants n'ont pas réussi à s'entendre sur les points principaux, notamment les règles des marchés carbone.

La communauté internationale a perdu une occasion importante de faire preuve d'une ambition plus grande en matière d'atténuation, d'adaptation et de financement de la crise climatique.
Antonio Guterres
secrétaire général de l'ONU

Rôle positif de l'Union européenne

Sans surprise, quasiment aucun des grands pays émetteurs n'a fait d'annonce significative pour réhausser ses ambitions, ni donné de signe clair d'une telle intention pour 2020. Evidemment pas les Etats-Unis qui quitteront l'accord de Paris en novembre prochain, mais pas non plus la Chine ou l'Inde.

Ces deux grandes économies insistent, avant d'évoquer leurs propres engagements révisés, sur la responsabilité des pays développés de faire plus et de respecter leur promesse d'aides financières aux pays en développement.

Egalement dans le collimateur des défenseurs de l'environnement, l'Arabie Saoudite, ainsi que le Brésil et l'Australie tous deux accusés de vouloir introduire des dispositions décriées dans les règles sur les marchés carbone. Malgré un an de discussions et des tractations intenses ces derniers jours, l'adoption de ce dernier reliquat du manuel d'utilisation de l'Accord de paris a de nouveau été reportée.

Si 80 pays se sont engagés à relever leurs engagements, ils ne représentent qu'environ 10% des émissions mondiales de CO2. Beaucoup d'observateurs ont toutefois souligné le rôle positif de l'UE qui s'est donné pour objectif la neutralité carbone d'ici 2050.

"Nous n'abandonnerons pas"

"Avec cette conférence de Madrid, on atteint le point le plus bas en terme de multilatéralisme sur le changement climatique et il appartient maintenant à l'Union européenne d'aller de l'avant avec le Green Deal, et d'avoir une vision claire pour progresser vers une économie neutre en émission carbone", a déclaré Martin Kaiser de Greenpeace Germany.

Au rythme actuel des émissions de CO2, le mercure pourrait gagner jusqu’à 5°C d’ici la fin du siècle, entraînant de nombreuses catastrophes.

Face aux manque d'ambition des responsables politiques, la société civile a promis de nombreuses actions d'ici à la COP26 l'année prochaine à Glasgow. Greta Thunberg a d'ores et déjà prévenu que cette année de préparation se ferait sous la pression de la rue. "La science est claire, mais la science est ignorée. Quoi qu'il arrive, nous n'abandonnerons pas. Nous ne faisons que commencer", a-t-elle lancé sur Twitter.