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Semaine décisive pour la réforme des retraites : ce qui bloque encore

Semaine décisive pour la réforme des retraites : ce qui bloque encore
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A la veille d’une quatrième grande journée de manifestations et alors que les concertations entre syndicats et gouvernement ont repris mardi, quelles sont les plus fortes résistances auxquelles le gouvernement doit faire face en cette semaine décisive ?

C'est l'une des seules choses qui n'ont pas changé pour Laurent depuis le début de la mobilisation contre la réforme des retraites. Les réveils nocturnes, ce cheminot de 48 ans y est habitué. A six heures ce matin, les salariés de la SNCF en grève depuis un mois ne chôment pas pour tenter convaincre les Français de les soutenir dans leur opposition.

"Là, nous allons mettre en place le piquet de grève de Perrache, donc on récupère notre matériel comme on le fait tous les matins depuis le 5 décembre", explique Laurent, cheminot depuis 1999.

Objectif de cette action : sensibiliser les usagers et maintenir la pression sur le gouvernement. Car rien dans cette réforme ne les convainc : ni le système à points, ni la nouvelle méthode de calcul des pensions qui prendra désormais en compte l'ensemble de leur carrière au lieu des 6 derniers mois de travail.

Et encore moins l'âge pivotqui permet toujours de partir à la retraite à 62 ans, tout en mettant en place une décote pour inciter les Français à partir en retraite à 64 ans.

Actuellement, les agents de conduite partis à la retraite en 2018 avaient en moyenne 53 ans, selon la Caisse de prévoyance et de retraite de la SNCF. Les autres agents de la SNCF, qui représentent la très grande majorité, sont partis à la retraite à un peu plus de 58 ans en moyenne.

Les cheminots ont néanmoins obtenu ces dernières semaines que le relèvement de cet âge de départ soit progressif. Mais pour eux, ce n'est pas suffisant.

"Nous, le préalable c'est le retrait de ce projet", explique Laurent. "Le gouvernement le sait, il doit mesurer la colère dans le pays et il doit en prendre la mesure."

Mais un retrait pur et simple est très loin de la ligne fixée par Emmanuel Macron, qui a appelé le 31 décembre lors de ses vœux aux Français sa détermination à "mener la réforme à son terme", tout en appelant à un "rapide compromis" entre le gouvernement et les organisations patronales et syndicales.

La CFDT ne veut rien lâcher sur cette mesure de l'âge pivot, que son leader Laurent Berger juge "injuste" et "incompatible", même s'il soutient le principe d'un régime universel, pierre angulaire de la réforme.

Présentée par le gouvernement comme un moyen de mettre tout le monde à égalité. cet âge pivot continue de susciter l’opposition d'une majorité de Français selon les sondages, et des critiques au sein même de la majorité.

Pour ce groupe de 20 députés LREM, qui soutien l'idée d 'une régime universel et d'une retraite à points, "universalité ne veut [néanmoins] pas dire uniformité". Ils ont proposé des "alternatives" à cette mesure de l'âge pivot, dans la presse ces derniers jours.

"Il faut un âge d'équilibre qui soit individualisé, pas uniforme, en fonction des parcours professionnels et en fonction de la pénibilité", explique Hubert Julien-Laferrière, député LREM du Rhône. "Car quand on observe l’espérance de vie en bonne santé, lorsqu'elle est mesurée après 60 ans, on voit qu'elle peut avoir jusqu'à dix ans d'écart selon les métiers qu'on a effectués".

Le gouvernement semble prêt à faire un pas sur les questions de l'emploi des séniors et de la pénibilité. Des pistes seront proposées d'ici 15 jours. En attendant, de nouvelles négociations vendredi sur la "conférence de financement" des retraites proposée par la CFDT, chacun campe sur ses positions. De nouveaux appels à manifester pour ce weekend ont été lancés.

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