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France : des centaines de milliers de personnes dans la rue contre la réforme des retraites

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Une partie du cortège à Paris, lors de la quatrième journée de mobilisation contre la réforme des retraites, le 9 janvier 2020
Une partie du cortège à Paris, lors de la quatrième journée de mobilisation contre la réforme des retraites, le 9 janvier 2020   -   Tous droits réservés  Alain JOCARD / AFP
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Et de quatre ! La France a connu, ce 9 janvier, sa quatrième fois journée interprofessionnelle de grèves depuis le début du mouvement le 5 décembre contre la réforme des retraites. Partout dans l'Hexagone, les manifestants, en nombre, ont battu le pavé pour afficher leur opposition au projet du gouvernement et demander sa suspension.

La mobilisation a, une nouvelle fois, donné lieu à une bataille des chiffres entre les organisations syndicales et les autorités. Ainsi dans la capitale française, 370 000 personnes ont manifesté selon la CGT, alors que le cabinet Occurrence, mandaté par un collectif de médias, dont l'AFP, avance lui 44 000 manifestants. Vers 19h, la préfecture de police n'avait, elle, toujours pas communiqué de chiffre.

La manifestation à Paris avait démarré vers 14h de la place de la République pour rejoindre la Place Saint-Augustin, près de la gare Saint-Lazare.

Avant que le défilé parisien ne se mette en marche en début d'après-midi, et derrière une banderole affichant "Retraite par points: tous perdants ! Retraite à 60 ans : tous gagnants ! Macron retire ton plan", le dirigeant du syndicat CGT, Philippe Martinez a dénoncé "l'attitude provocatrice" du gouvernement et émis "des doutes" sur la volonté de ce dernier de "discuter". A ses côtés, se trouvaient Yves Veyrier de FO ou encore François Hommeril de la CFE-CGC.

Au début de la soirée, l'ambiance s'est tendue vers la place Saint-Augustin, dans le VIIIe arrondissement de Paris, alors que le tête du cortège atteignait la fin du parcours. Des heurts ont éclaté, les policiers ont fait usage de lacrymogène et ont chargé, répondant à des jets de projectiles, dont des œufs. Des vitrines ont volé en éclats et du mobilier urbain a été dégradé.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux témoignages ont fait état de débordement des forces de l'ordre, faisant usage "d'une violence inouïe".

Le syndicat réformiste CFDT, lui aussi opposé au projet depuis que le gouvernement a intégré la mesure d'un âge pivot fixé à 64 ans, n'avait pas appelé ses sympathisants à rejoindre cette nouvelle journée interprofessionnelle. Mais la centrale avait toutefois prévue ses propres actions, comme un rassemblement à Paris, non loin du ministère des Transports, à l'appel de sa branche transports, la FGTE, qui regroupe des salariés des secteurs maritimes, routiers, aériens et des cheminots.

216 manifestations étaient prévues dans toute la France, selon Philippe Martinez et "il n'y en a jamais eu autant" a ajouté le responsable syndical.

Les premiers défilés s'étaient rassemblés en fin de mâtine comme à Nantes ou Marseille, où Jean-Luc Mélenchon a appelé toutes les professions à entrer dans le combat.

Dans l'éducation nationale, la grève aurait été suivie par moins de 20 % des professeurs selon le ministère, plus du double selon les syndicats. Les avocats poursuivent aussi le mouvement comme à Bordeaux. Des raffineries sont également bloquées un peu partout dans le pays..

A la SNCF et à la RATP, la grève dure de manière ininterrompue depuis 36 jours, ce qui en fait la plus longue de l'histoire.

La SNCF, qui a appelé les Franciliens à éviter les trains de banlieue jeudi, prévoit un trafic très perturbé, avec 60% des TGV, 40% des TER et un tiers des Transiliens en circulation.

A la RATP, le trafic reste fortement perturbé, avec toutefois quelques améliorations sur quatre lignes du métro parisien.

Depuis le début de la crise, des concessions ont déjà été faites par l'exécutif à plusieurs corps de métier, comme les policiers, les danseurs de l'Opéra, les marins, les pilotes.

Le 5 décembre 2019, au premier jour du mouvement, entre 806 000 (selon le ministère de l'Intérieur) et 1,5 million, pour la CGT, de personnes avaient défilé dans les rues françaises. Un score qui n'avait pas égalé lors des journées de mobilisations suivantes, les 10 et 17 décembre.