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Au Liban, les manifestants ciblent les banques

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Manifestation à Beyrouth mercredi 15 janvier 2020.
Manifestation à Beyrouth mercredi 15 janvier 2020.   -   Tous droits réservés  ASSOCIATED PRESS   -   Hussein Malla
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La semaine de la "colère" se poursuit au Liban alors que le pays tarde à former un gouvernement et que la crise économique frappe la population de plein fouet. Des dizaines de personnes se sont rassemblées mercredi soir devant la Banque centrale dans le quartier de Hamra à Beyrouth.

"A bas le règne de la banque" ou encore "Riad Salamé a provoqué la faillite du Liban", en allusion au gouverneur de la Banque centrale, ont scandé les manifestants alors que les forces de sécurité et l'armée ont imposé de strictes mesures de sécurité dans le secteur.

Ailleurs dans la capitale, les contestataires s'en sont pris aux agences bancaires et aux distributeurs de billets, armés de pavés, d'extincteurs ou de panneaux de signalisation. Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes. 59 manifestants ont été interpellées. 37 personnes ont été blessées.

À l'origine de cette contestation, une pénurie de billets verts dans le pays. Les retraits d'argent sont limités à environ un millier de dollars par mois. Dans les agences, les files d'attente s'allongent, pour retirer des billets, avec des altercations régulières entre clients et guichetiers.

Officiellement, la livre libanaise, indexée au billet vert depuis 1997, garde le même taux fixe de 1.507 livres pour un dollar. Mais, dans les bureaux de change, elle a perdu près de la moitié de sa valeur, grimpant parfois jusqu'à 2.500 livres pour un dollar.

La Banque centrale a annoncé qu'elle enquêtait sur des fuites de capitaux. Elle a aussi indiqué qu'elle voulait unifier et apporter une "couverture légale" aux restrictions draconiennes des banques.

En trois mois de manifestations, le centre commercial de Beyrouth est pour la première fois le théâtre d'affrontements. Ailleurs dans la capitale, les manifestants ont bloqué des routes. Des dizaines de personnes ont pu stopper partiellement la circulation d'une autoroute, avant l'intervention de l'armée.

La classe politique, conspuée par la population depuis le début du mouvement il y a trois mois, a dénoncé ces actes. Le Premier ministre sortant Saad Hariri, mais aussi le chef du Parlement Nabih Berri, ont fustigé un vandalisme "inacceptable". L'association des banques du Liban a dénoncé des actes "barbares".