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Après sa victoire au procès en destitution, Donald Trump se voit "president for ever"

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Sept. 30, 2019, at Joint Base Myer-Henderson Hall, Va. (AP Photo/Evan Vucci)
Sept. 30, 2019, at Joint Base Myer-Henderson Hall, Va. (AP Photo/Evan Vucci)   -   Tous droits réservés  Copyright 2019 The Associated Press. All rights reserved.   -   Evan Vucci
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Pour Donald Trump, c'est "une victoire face à une mascarade"... Son acquittement au sénat ne faisait guère de doute compte tenu de la majorité républicaine. Un seul républicain a osé défié la logique du Grand Old Party, le sénateur de l'Utah, Mitt Romney, adversaire malheureux de Barack Obama en 2012. Il s'est expliqué :

"Le président a pris en otage les fonds destinés à un allié américain en guerre contre les envahisseurs russes. L'objectif du président était personnel et politique. En conséquence, le président est coupable d'un épouvantable abus de confiance des Américains".

Mais Romney a été le seul à rompre les rangs. Pour la plupart des Républicains, comme le sénateur Mitch McConnell, ce processus de destitution contre Trump a été une erreur politique colossale :

"Durant trois semaines, nous avons écouté. Et nous avons voté. Nous avons eu plusieurs réunions internes pour discuter de tout cela, et vous avez tous fini par en savoir beaucoup et par écrire sur le sujet. Il est temps de passer à autre chose".

Les démocrates avaient accusé Trump d'abus de pouvoir et d'obstruction au Congrès pour avoir fait pression sur le président ukrainien en vue de la présidentielle américaine. Le leader de la minorité démocrate au Sénat Chuck Schumer a déclaré qu'il y aura toujours "un astérisque géant à côté de l'acquittement du président":

"Je crois que le peuple américain se rendra compte qu' il s'agit de l'une des plus grandes dissimulations de l'histoire de notre nation. Le peuple américain saura qui s'est opposé à la vérité, qui a eu peur des faits, qui s'est couvert".

Donald Trump qui a twitté sa victoire avec un clip le présentant comme président à vie doit réagir formellement dans la journée.

Pour la présidente démocrate de la chambre des représentants Nancy Pelosi, "le président reste une menace pour la démocratie et il va falloir être vigilant".

Au-delà de Washington, le procès divise autant les Américains que leurs élus : 85 % des électeurs démocrates soutenaient ces derniers jours la destitution du président, moins de 10 % des républicains étaient pour, et la moyenne s'établissait légèrement au-dessous de 50 %.

Son impact sur les élections est donc difficile à prédire, mais Donald Trump se dit convaincu que les électeurs pénaliseront les "démocrates-qui-ne-font-rien".

Procès historique

Ce procès en destitution est en tous cas historique. La mise en accusation de Donald Trump restera comme une tache indélébile sur un mandat truffé de scandales. Avant lui, seuls deux de ses prédécesseurs, Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998, avaient connu une telle avanie.

Et les démocrates ne comptent pas en rester là. Alors que le président se lance dans sa campagne de réélection, de nouveaux détails, documents et témoins oculaires pourraient apparaître. Un nouveau livre de John Bolton, l'ancien conseiller à la sécurité nationale, pourrait notamment contenir certaines révélations.

Hier, l'élu démocrate Jerry Nadler a d'ailleurs fait savoir que la Chambre convoquerait "probablement" l'ex-conseiller de la Maison Blanche John Bolton. Les sénateurs républicains avaient refusé de l'entendre pendant le procès en destitution.

L'affaire ukrainienne n'est donc pas terminée, au grand dam sans doute des républicains.