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Législatives en Iran : Khamenei appelle à voter, les électeurs vont-ils être au rendez-vous ?

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Législatives en Iran : Khamenei appelle à voter, les électeurs vont-ils être au rendez-vous ?
Tous droits réservés  Office of the Iranian Supreme Leader via AP
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Dès l'ouverture ou presque du scrutin en Iran , l'ayatollah Ali Khamenei a voté. Et alors que les autorités craignent une abstention record, le guide suprême iranien a renouvelé son appel à participer massivement à l'élection des députés du Majilis pour garantir l'intérêt national.

Ces derniers jours, un sondage iranien aussi vite paru que retirer par le gouvernement estimait que plus de 80 % des électeurs iraniens pourraient s'abstenir.

A Téhéran, nombre d'habitants ont fait part à notre correspondant de leur refus d'aller voter. En moyenne, le taux de participation aux législatives iraniennes avoisine les 60 %.

Mais cette année, la désillusion est grande : les problèmes économiques consécutifs au durcissement des sanctions américaines sur le nucléaire, la répression violente de la contestation sur la hausse des prix du carburant, l'avion ukrainien abattu par erreur, et le rejet de 7 000 candidatures au poste de député, pourraient pousser un grand nombre d'électeurs à bouder les urnes et les modérés d'Hassan Rohani à perdre du terrain face aux ultraconservateurs.

C'est dans ce contexte que la 11e législature depuis la révolution islamique de 1979 devrait malgré tout sortir des urnes.

En fonction du poids des ultras dans la future Assemblée, la politique extérieure d'ouverture, poursuivie par Rohani depuis son élection en 2013, pourrait changer.

Les ultraconservateurs s'opposent à toute négociation avec l'Occident, et critiquent régulièrement ce qu'ils estiment être la passivité de Rohani face aux menaces du président américain Donald Trump.

Et ils sont impatients de sortir de l'accord international sur le nucléaire iranien, la grande réalisation de Rohani, conclu en 2015 à Vienne, mais menacé d'implosion depuis que M. Trump l'a dénoncé unilatéralement en 2018. Dans l'esprit de Rohani, l'accord de Vienne devait ouvrir une ère de prospérité pour l'Iran en le sortant de son isolement international.

Au lieu de cela, le retour des sanctions américaines dans la foulée du retrait des Etats-Unis de l'accord a plongé l'Iran dans une violente récession.

Plusieurs figures réformatrices ont mis en garde contre une victoire des ultraconservateurs en cas de forte abstention.

Dans les semaines ayant précédé le scrutin, l'ayatollah Khamenei, a multiplié les appels à une participation massive, nécessaire selon lui pour déjouer les "complots vicieux" des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, et a déclaré que voter était "un devoir religieux".

Depuis mercredi, la télévision diffuse une multitude d'appels à voter de responsables politiques ou d'ayatollahs. Un court dessin animé diffusé plusieurs fois par jour montre les bulletins de vote se transformer comme autant de torpilles contre une flotte d'envahisseurs, envoyée par le fond.

Hassan Rohani et son camp ont donc aussi appelé les gens à voter même s'ils ne sont pas contents du gouvernement. Les bureaux de vote doivent fermer à 18h00, heure locale, mais la durée du scrutin est souvent prolongée, notamment à Téhéran.