DERNIERE MINUTE
This content is not available in your region

Budget européen : les raisons d'un échec

euronews_icons_loading
Budget européen : les raisons d'un échec
Tous droits réservés  AP
Taille du texte Aa Aa

Deux jours de sommet sur le budget européen, et pas l'ombre d'un consensus. Ce vendredi, à Bruxelles, les 27 sont plus divisés que jamais, même quand il s'agit de fixer la date de leur prochain rendez-vous.

Tout l'enjeu consiste à réunir les 1095 milliards d'euros formulés dans la proposition chiffrée du président du conseil européen, tout en tenant compte de la perte de la part britannique, soit
60 à 75 milliards d'euros. Dès lors, deux blocs se font face : il y a ceux, comme la Grèce, ou l'Espagne, qui voudraient augmenter la dépense. Et il y a ceux qui préfèrent se serrer la ceinture, ceux qu'on surnomme en anglais les "Frugal Four",les quatre plus gros contributeurs nets par habitants - La Suède, le Danemark, les Pays-Bas et l'Autriche. Ils défendent une enveloppe stable à 1% du Revenu national brut (RNB) européen.

Interrogé sur le sujet en conférence de presse, Mark Rutte, premier ministre néerlandais défend un choix de raison. "Nous sommes disposés à mettre plus d'argent sur la table, ce qui serait logique si l'enveloppe augmentait à cause de la croissance et de l'inflation. Mais est-ce vraiment le problème ? Non, le Brexit a eu lieu, je le déplore, mais il faut l'accepter et adapter notre budget en conséquence."

L'Allemagne, d'ordinaire championne de l'austérité, veut faire de flexibilité cette fois. Angela Merkel propose de rallonger la facture, si et seulement si cela permet d'investir dans l'économie numérique et les énergies renouvelables.

Pour l'instant, ce projet semble inacceptable aux auto-proclamés "amis de la cohésion", dix-sept pays qui veulent protéger les programmes traditionnels, comme le financement des infrastructures et la politique agricole commune. Eux demandent que ce budget représente 1,3% du RNB européen.

"Si nous voulons une Europe plus ambitieuse, plus verte et plus tournée vers le digital, si nous voulons plus d'investissement, de croissance, d'emploi, si nous voulons une Europe qui soutienne un secteur en crise comme l'agriculture, alors nous devons nous en donner les moyens, argumente Giuseppe Conte, président du conseil italien. Voilà le fond du problème, voilà pourquoi nous n'arrivons pas à trouver un accord".

Les détails ont changé, mais tous les 7 ans, le budget pluriannuel provoque toujours ce type de prises de bec. Seulement, les 27 ont des délais à tenir : en l'absence d'accord, les fonds aux pays les plus pauvres seraient suspendus, tout comme les rabais de certains pays qui contribuent plus qu'ils ne reçoivent. La Suède, le Danemark, l'Autriche et les Pays-Bas verraient leur participation s'envoler.