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Lesbos et Chios : les habitants s'opposent aux nouveaux camps de migrants

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Lesbos et Chios : les habitants s'opposent aux nouveaux camps de migrants
Tous droits réservés  © 2020 ΑΘΗΝΑΪΚΟ ΠΡΑΚΤΟΡΕΙΟ ΕΙΔΗΣΕΩΝ - ΜΑΚΕΔΟΝΙΚΟ ΠΡΑΚΤΟΡΕΙΟ ΕΙΔΗΣΕΩΝ   -   ΣΤΡΑΤΗΣ ΜΠΑΛΑΣΚΑΣ
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Des affrontements ont eu lieu mardi entre des centaines d'habitants de Lesbos et de Chios et des forces anti-émeutes, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes sur fond de controverse autour de nouveaux camps fermés pour les migrants sur ces îles de la mer Egée.

Habitants et autorités locales se sont rassemblés sur les ports de ces îles et dans des villages situés à proximité des terrains désignés pour la construction de nouveaux camps pour protester contre l'arrivée d'environ un millier de policiers des forces anti-émeutes en provenance de Grèce continentale pour renforcer la sécurité sur ces îles, selon une source policière.

Des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes ont été lancés par les forces de d'ordre contre des groupes de personnes qui leur jetaient divers objets, selon un photographe de l'AFP. Deux femmes ont été hospitalisées pour des problèmes respiratoires après ces incidents, selon la même source.

Le gouvernement a de nouveau réitéré mardi sa détermination à construire ces nouveaux camps fermés pour remplacer les camps insalubres et surpeuplés sur les îles. "Les nouveaux camps seront construits, les vieux camps débordés (de demandeurs d'asile) vont fermer", a affirmé Stelios Petsas, lors de son point presse hebdomadaire.

Le gouvernement avait tenté à plusieurs reprises de convaincre les autorités locales de la nécessité de ces nouveaux camps mais ces dernières y sont opposées. "Le dialogue avec les autorités locales ne peut pas servir d'alibi pour ne pas continuer les travaux (...) nous demandons aux habitants de nous faire confiance", a souligné Stelios Pepas.

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis avait récemement indiqué que le projet de construction des nouveaux camps serait mis en oeuvre malgré l'opposition qu'il suscite dans la population des îles. "Les travaux vont commencer immédiatement et seront menés à bien. Il n'y aura pas de retour en arrière", avait-il déclaré.

Plus de 38.000 migrants sont actuellement entassés dans des camps installés sur les îles de Lesbos, Samos, Chios, Leros et Kos en mer Egée dont la capacité totale officielle est de 6.200. Les travaux de construction de nouveaux camps sur Lesbos et Chios, avec une capacité officielle de 7.000 personnes chacun, doivent débuter cette semaine.

Autorités locales et habitants ont fait savoir qu'après cinq ans en première ligne de la crise migratoire qui affecte l'Europe, ils ne sont plus disposés à accepter sur leurs îles des milliers de demandeurs d'asile. Des habitants ont menacé de bloquer l'accès des sites des futurs camps pour entraver leur construction.

Le gouvernement conservateur arrivé au pouvoir en juillet 2019 a annoncé que les camps existant à Lesbos, Samos et Chios seraient fermés dans le courant de 2020 et remplacés par de nouvelles installations. L'objectif est de diminuer la surpopulation sur les îles en transférant des milliers de migrants vers d'autres parties de la Grèce, mais actuellement le gouvernement est dans l'impasse car sur le continent les communautés locales s'opposent aussi à cette mesure.

Le Haut commissaire de l'ONU pour les réfugiés Filippo Grandi a appelé vendredi à des actions urgentes pour remédier à la situation "choquante et honteuse" dans laquelle les migrants doivent vivre dans les centres d'accueil actuels sur les îles. Le HCR a également appelé le gouvernement à transférer les demandeurs d'asile, qui ont droit, en Grèce continenale.