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La Turquie menace de laisser passer des "millions" de migrants et réfugiés

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La Turquie menace de laisser passer des "millions" de migrants et réfugiés
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Ankara menace de laisser passer des "millions de migrants". "Inacceptable" de faire pression "sur le dos des réfugiés", répond Angela Merkel.

La crise migratoire n'avait jamais vraiment cessé, mais elle resurgit, plus visible que jamais, aux portes de l'Union européenne. Des milliers de migrants et de réfugiés sont actuellement massés en Turquie tout près de la frontière grecque. Certains viennent du nord-ouest syrien, en proie aux combats, d'autres ont fui l'Afghanistan ou l'Iran.

La décision prise par la Turquie d'ouvrir ses frontières leur a donné un semblant d'espoir de trouver une vie meilleure en Europe. "Ici (en Turquie), nous travaillons du matin au soir pour même pas 50 euros," explique cet homme.

Pris en étau

En réalité, ces migrants sont pris en étau, dans un jeu politique qui les dépasse.

Dans le cadre d'un accord conclu avec l'Union européenne, la Turquie avait accepté de les garder sur son territoire en échange d'aides financières.

Mais vendredi dernier, Recep Tayipp Erdogan a décidé d'utiliser la crise migratoire comme moyen de pression dans le conflit qui l'oppose au régime syrien, et par extension à son soutien russe, pour pousser les Européens à obtenir un cessez-le-feu.

"Depuis que nous avons ouvert nos frontières, les gens se dirigent vers l'Europe par centaines de milliers. Et bientôt ils seront des millions", a déclaré le président turc_._ "Tous crient haut et fort que nous avons ouverts nos frontières. Soit nous tentons de permettre à ces gens d'avoir une vie décente chez eux, soit chacun d'entre nous partage le fardeau."

L'Organisation internationale des migrations avançait le chiffre de 13 000 migrants à la frontière.

"Inacceptable"

De son côté, l'Union européenne a dit attendre de la Turquie qu'elle respecte l'accord sur les migrants.

Selon le porte-parole d'Angela Merkel, sur les 6 milliards d'euros promis à la Turquie dans l'accord conclu avec Bruxelles en 2016, 3,2 milliards ont été versés.

"Je comprends que le président Erdogan attende davantage de l'Europe", a déclaré la chancelière allemande. "En même temps, je trouve inacceptable que lui et son gouvernement mettent cette insatisfaction sur le dos des réfugiés".

La Turquie avait aussi assuré ces derniers mois ne plus pouvoir faire face à un nouvel afflux de réfugiés depuis la province d'Idleb, en Syrie, où le régime syrien mène une offensive pour tenter de reconquérir ce grand bastion rebelle et djihadiste.

La Turquie, pays de 80 millions d'habitants, accueille actuellement plus de 3,6 millions de migrants et de réfugiés sur son territoire, en majorité des Syriens.