DERNIERE MINUTE
This content is not available in your region

Coronavirus : l'Europe comptabilise plus de deux tiers des victimes dans le monde

euronews_icons_loading
Coronavirus : l'Europe comptabilise plus de deux tiers des victimes dans le monde
Tous droits réservés  Dita Alangkara/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved.
Taille du texte Aa Aa

Il dure depuis plus de quinze jours en Italie, depuis onze jours en Espagne, neuf en France, et depuis trois jours seulement au Royaume-Uni. Pour tenter de ralentir la pandémie de coronavirus, le confinement est désormais parti pour durer dans de nombreux pays d'Europe. Avec une question : combien de temps avant de voir des effets sur la courbe du nombre de cas et de décès ? Car pour l'heure, l'Europe continue de payer le plus lourd tribut, avec plus de deux tiers des victimes recensées dans le monde. Plus de 18 000 décès et plus de 200 000 cas ont été recensés sur le Vieux Continent, selon le dernier décompte du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

Espagne : plus de 4 000 morts

Le bilan s'est particulièrement alourdi ce jeudi en Espagne. Plus de 4 000 morts recensés en tout, depuis le début de la pandémie : c'est désormais plus que la Chine en nombre de décès officiellement recensés (3 281).

Le corps médical est en première ligne face au virus. Les personnels soignants représentent près de 14% des cas de contamination recensés dans le pays. Le Parlement espagnol a rendu hommage mercredi à ces professionnels de santé plus que jamais mobilisés, mais toujours désemparés.

"Nous continuons à demander de l'aide", explique ce soignant. "Les professionnels qui sont ici, les spécialistes en gériatrie, les personnes chargés du ménage, le personnel technique, donnent tout ce qu'ils peuvent. Nous souffrons beaucoup de cette situation. Nous continuons d'exiger que les autorités nous aident, car nous en avons besoin."

Italie : plus de 7 500 morts

L'Italie, de son côté, reste le pays le touché avec plus de 7 500 morts à ce jour dans la péninsule. Mais la hausse du nombre de cas officiellement recensés quotidiennement ralentit depuis quelques jours.

Une source d'espoir, mais qui pour l'heure n'enlève rien au poids qui pèse sur les structures sanitaires. Dans cet hôpital qui vient d'ouvrir, 9 des 13 chambres sont déjà occupées, par des patients de tous les âges.

"La réalité est que ce virus frappe tous les âges", souligne un médecin transalpin. "Il est si agressif que nous devons tous faire attention. C'est une fausse idée, une illusion, que seules les personnes âgées et donc les personnes les plus fragiles sont concernées."

France : plus de 1 300 décès

En France, où la barre des 1 300 décès a été franchie, la saturation des hôpitaux inquiète aussi. Après la région du Grand Est, c'est l’Île-de-France, région la plus peuplée et désormais la plus touchée du pays, qui risque d'être débordée.

Et pourtant, l'AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris) - fort de ses 39 établissements en région parisienne, représente l'une des plus grosses structures d'Europe.

Mercredi, son directeur général Martin Hirsch a appelé à la réquisition de personnels soignants et à une "reconnaissance", peut-être sous forme de primes, pour l'effort "surhumain" des personnels.

"On est en ce moment, je sais pas comment le qualifier, le moment de charnière", celui où toutes les actions "comptent pour ne pas de casser la gueule", a dit le patron du plus grand groupe hospitalier français.

Il semble avoir été entendu, en tout cas en partie. Face à cette situation d'extrême urgence, le président Emmanuel Macron, en visite à l'hôpital de campagne de Mulhouse, dans l'est de la France, a annoncé mercredi soir une "majoration des heures supplémentaires sous forme de prime exceptionnelle" pour "les soignants et fonctionnaires mobilisés".

Mathieu CUGNOT / POOL / AFP
Le président français Emmanuel Marcon, lors de sa visite de l'hôpital de campagne installé par l'armée à Mulhouse, le 25 mars 2020.Mathieu CUGNOT / POOL / AFPMATHIEU CUGNOT

A plus long terme, le président français a également annoncé un "plan massif d'investissement dans les hôpitaux" à l'issue de la crise. Ce que les personnels soignants réclamaient depuis déjà des mois.