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Aux États-Unis, le coronavirus fragilise un système social aux abois

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Aux États-Unis, le coronavirus fragilise un système social aux abois
Tous droits réservés  Jeff Roberson/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved.
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Les conséquences sociales de la pandémie de coronavirus sont désastreuses aux États-Unis. Les demandes hebdomadaires d'allocations chômage ont enregistré un nouveau record, avec 6,6 millions de nouvelles souscriptions. Le personnel soignant dénonce un manque d'équipement.

Alors que le pays est en pas se de devenir le nouvel épicentre de la pandémie, Le maire de New York Bill de Blasio a demandé jeudi aux habitants de la ville de se couvrir le visage lorsqu'ils sortent de chez eux.

Manifestation d'infirmiers à New York

"Ça peut être une écharpe, quelque chose que vous avez fabriqué chez vous, un bandana", a expliqué l'édile lors d'un point de presse, mais cela "n'a pas besoin d'être un masque de professionnel". Au contraire, a-t-il martelé, "nous ne voulons pas que vous utilisiez les masques dont ont besoin les personnels d'urgence et les soignants", et dont il n'est pas certain qu'ils pourraient être disponibles en quantité suffisante jusqu'à la fin de la pandémie.

La ville de New York concentre les inquiétudes, avec déjà plus de 1 500 morts. Comme auparavant en Italie, en Espagne ou en France, les personnels médicaux demandent des équipements de protection.

"Les soldats ne vont pas à la guerre sans armes, pourquoi les infirmiers travailleraient-ils sans équipement de protection ?" Une trentaine d'infirmiers ont organisé jeudi une rare manifestation devant un hôpital new-yorkais, pour dénoncer le manque de masques et de blouses.

Le maire a expliqué que la décision de demander aux habitants de se couvrir le visage avait été prise sur la base d'une étude publiée par les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), autorité de santé nationale aux Etats-Unis. Cette étude met en évidence des cas de transmission du virus à Singapour par des personnes asymptomatiques. L'étude indique que la transmission pourrait notamment intervenir par la seule respiration.

"Il a été montré que la parole et d'autres activités vocales, comme le chant, peuvent générer des particules dans l'air, avec une propension liée au niveau sonore", expliquent les auteurs de l'étude, publiée mercredi. C'est un revirement pour les autorités, qui ont longtemps indiqué, sur la base des recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et du CDC qu'il n'était pas nécessaire de porter un masque, à moins de présenter des symptômes du coronavirus.

Lors du point de presse quotidien à la Maison Blanche, le vice-président Mike Pence a indiqué que le CDC formulerait un avis sur la couverture du visage dans les prochains jours. Donald Trump, quant à lui, n'a pas clairement donné comme consigne de se protéger le visage, laissant le choix aux Américains. "Je ne pense pas que ce sera obligatoire", a-t-il dit des recommandations données par certains élus locaux, "parce que certains ne veulent pas."

La politique sociale de Donald Trump

L'ampleur de la crise ne dissimule pas les tragédies individuelles : la mort d'un nouveau-né mercredi dans l'Etat du Connecticut a frappé les esprits, les enfants étant jusqu'ici relativement épargnés. Pour les Américains ne disposant pas de couverture maladie, le président américain a promis l'allocation d'argent en "espèce", leur permettant de se faire soigner. "Nous travaillons sur ce mécanisme sur le plan législatif" a précisé le président américain, qui fut l'artisan du démantèlement de l'Obamacare, un service mis en place par son prédécesseur permettant de garantir une couverture santé à 32 millions d'Américains qui en étaient dépourvus.

Pénurie de respirateurs artificiels

D'après le gouverneur de l'État de New York Andrew Cuomo, l'approvisionnement en respirateurs artificiel pourrait être épuisé d'ici six jours. "C'est comme être sur eBay avec 50 autres États enchérissant sur un respirateur", a-t-il déclaré, urgeant l'Agence fédérale de gestion des urgences d'intervenir comme un acheteur unique pour le pays.

"Ils vont commencer à arriver dans une semaine et demie" a réagi Donald Trump. "Mais il y aura un moment où nous allons construire des stocks. Soit dit en passant, les États auraient dû construire leurs stocks" a-t-il lancé. "Nous en avons près de 10 000 et nous en fournissons. Nous sommes un filet de sécurité. Et nous avons fait un travail incroyable" a-t-il ajouté.