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Coronavirus : les 193 pays de l'ONU réclament un "accès équitable" aux "futurs vaccins"

Un laboratoire brésilien travaillant à l'élaboration d'un vaccin contre le Covid-19, le 26 mars 2020 à Belo Horzonte au Brésil.
Un laboratoire brésilien travaillant à l'élaboration d'un vaccin contre le Covid-19, le 26 mars 2020 à Belo Horzonte au Brésil.   -   Tous droits réservés  DOUGLAS MAGNO / AFP
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Les 193 membres de l'Assemblée générale de l'ONU ont adopté lundi par consensus une résolution réclamant un "accès équitable" aux "futurs vaccins" contre le Covid-19, et soulignant le "rôle dirigeant crucial de l'Organisation mondiale de la Santé" mis en cause par les Etats-Unis.

Centré sur la riposte sanitaire, le texte, initié par le Mexique et incluant l'approbation de Washington, demande de "renforcer la coopération scientifique internationale pour combattre le Covid-19 et d'intensifier la coordination", y compris avec le secteur privé.

L'appel à pouvoir obtenir pour tous les pays des vaccins intervient alors que de multiples industriels pharmaceutiques et laboratoires de recherche sont lancés dans leur mise au point. Ces vaccins, jugés cruciaux pour aider à neutraliser la maladie, représentent un enjeu financier considérable.

La résolution appelle le secrétaire général de l'ONU à s'assurer que les moyens engagés permettent de "garantir un accès et une distribution justes, transparents, équitables, efficaces, aux outils de prévention, aux tests de laboratoire (...), aux médicaments et futurs vaccins Covid-19".

L'objectif doit être "d_e les rendre disponibles à tous ceux qui en ont besoin, notamment dans les pays en développement_", insiste le texte, le deuxième de l'Assemblée consacré au Covid-19 depuis le début de la pandémie.

Les 193 membres de l'Assemblée générale avaient adopté le 3 avril leur première résolution sur le coronavirus en appelant à la "coopération" pour mieux lutter contre la maladie.

Droit de veto pour les pays de l'Assemblée générale de l'ONU

La résolution mexicaine a été adoptée lors d'une procédure singulière, qui revient à donner un droit de veto inédit dans cette enceinte à tous les 193 pays de l'Assemblée générale des Nations-Unies

En temps ordinaire, les membres de l'Assemblée générale n'ont pas de droit de veto, privilège depuis la création de l'Organisation il y a 75 ans des seuls cinq membres permanents du Conseil de sécurité : Etats-Unis, Russie, Chine, France et Royaume Uni.

Sans possibilité de se réunir pour cause de confinement, l'Assemblée a imaginé une nouvelle procédure applicable jusqu'à fin mai, voire fin juin si les services médicaux de l'ONU confirment leur recommandation d'éviter jusqu'à cette échéance tout rassemblement physique au siège à New York.

Lorsqu'un pays finalise un projet de texte, il le transmet au président de l'Assemblée qui lance un vote "sous silence" avec un terme quelques jours plus tard. Si aucun membre ne casse le silence, le texte est considéré comme adopté. A défaut, il est rejeté.

Autrement dit, chaque membre de l'ONU dispose d'un "droit de veto" sur le texte d'un autre, confirment des diplomates. Avec aussi le risque de se voir cloué au pilori par tous les autres s'il active seul la rupture de silence.

Pour l'Assemblée, la nouvelle procédure était indispensable pour continuer à adopter des textes ne pouvant être repoussés, comme des autorisations budgétaires. Elle pousse certes au consensus et à l'adoption de textes. Mais elle donne aussi le droit à un pays de bloquer l'ensemble de la machine onusienne...