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Coronavirus : les projets et expérimentations d'applications de traçage se multiplient en Europe

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Coronavirus : les projets et expérimentations d'applications de traçage se multiplient en Europe
Tous droits réservés  Petit, Guillaume/
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Les idées de projet d'application de traçage pour freiner la propagation du coronavirus suscitent de nombreuses inquiétudes sur le plan du respect des libertés en Europe. Quels sont les projets envisagés dans les autres pays ? Quels sont les pays qui expérimentent déjà ces applications et pour quels résultats ?

Comment fonctionnerait cette application en France ?

L'application utiliserait la technologie bluetooth. Pour faire simple, si une personne la télécharge, le téléphone va scanner tous les autres appareils qui se trouvent à proximité. Si cette personne contracte ensuite le Covid19 et le communique via l'application, les autres personnes qui l'ont croisée à un moment donné, que ce soit dans la rue, dans les transports ou dans un magasin, seront prévenues.

Elle fonctionnerait sur la base du volontariat. Selon Bruno Sportisse, PDG de l’Inria qui chapeaute le projet en France, les données seraient des pseudos : autrement dit, votre nom ne serait pas communiqué, et elle n'utiliseraitpas non plus les données de géolocalisation.

Toujours selon Bruno Sportisse, l'identité de la personne qui est contaminée ne sera pas communiquée à la personne qui reçoit la notification. Enfin, seuls les crypto-identifiants seraient communiqués au serveur central. "Personne, pas même l'Etat, n'aura accès à liste des personnes contaminées et aux interactions sociales via le serveur central", assure Bruno Sportisse.

Mais la technologie suscite malgré tout la défiance de nombreux internautes. La CNIL, le gendarme de l’internet, a jugé de son côté que l’application était conforme au règlement européen sur la protection des données "si certaines conditions sont respectées" (volontariat et utilisation de pseudonymes).

L'Allemagne fait marche arrière

Les inquiétudes concernent aussi le stockage des données. C'est ce qui a poussé le gouvernement allemand à faire volte-face. Celui-ci préfère une architecture décentralisée, qui permet de stocker les données des utilisateurs uniquement sur leurs téléphones.

En Allemagne, une autre application a été développée par l'Institut Robert Koch. Le principe est ici quelque peu différent. Cette fois, elle fonctionne via une montre connectée ou un bracelet de fitness. Les utilisateurs communiquent des données telles que le sexe, l'âge, la taille, le poids, la température, le pouls et l'activité physique, ou des données vitales, dans le but de reconnaître les symptômes du Covid-19 s'ils surviennent. Là aussi, selon l'Institut, les données transférées sont pseudonymisées et l'utilisation est volontaire.

En Espagne, une application similaire est utilisée dans certaines régions, mais elle utilise les données GPS des téléphones.

En Autriche, un faible taux de téléchargement

Néanmoins, c'est le principe de la technologie bluetooth qui semble avoir été retenu par la plupart des pays européens.

En Autriche, une application de ce type a été lancée la semaine dernière sous l’égide de la Croix-Rouge. Elle fonctionne avec la technologie bluetooth et permet là aussi à une personne qui a contracté le virus de prévenir les personnes qu'il a croisées. L'application a enregistré à ce stade plus de 400 000 téléchargements, ce qui représente seulement 4,5% de la population.

Même technologie bluetooth pressentie en Pologne, en Norvège, au Royaume-Uni (la filiale numérique du NHS, la Sécurité Sociale britannique, planche sur une version), en Italie... La Suisse, de son côté, proposera le 11 mai une application développée par des chercheurs de Lausanne et de Zurich.

Mais de nombreux chercheurs ont prévenu : il faudrait qu'au moins 60% de la population utilise l'application pour qu’elle soit réellement efficace. Cela semble pour l'heure loin d’être le cas au regard de l'exemple autrichien, et cela semble mal parti en France, tant la défiance envers le gouvernement tend à augmenter.