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Frontières : l'espace Schengen résistera-t-il à la crise du coronavirus ?

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Les États européens rouvrent progressivement leurs frontières en ordre dispersé, avec le risque de contribuer à une fragmentation de l'espace Schengen. La crise met en exergue les limites d'un modèle en manque de coordination. Décryptage en cartes et avec notre invité, le journaliste Jean Quatremer, spécialiste des questions européennes.

Que ce soit pour leur ouverture ou pour leur fermeture, les frontières sont gérées en ordre dispersé en Europe depuis le début de la crise du coronavirus. Pourtant les Etats ont une chose en commun : des enjeux sanitaires et économiques forts. Car le tourisme représente 10% du PIB de l'Union européenne et 12% des emplois.

Pour autant, la coordination n'est pas vraiment au rendez-vous. En ce qui concerne la réouverture au tourisme, l'Italie est le premier pays à dégainer dès le 3 juin, suivi par la Grèce et l'Espagne en juillet. Le Portugal souhaite également la reprise du tourisme mais tout dépendra aussi de sa frontière avec l'Espagne.

Le confinement avait donné lieu à des fermetures de frontières en ordre dispersé, chacun de son côté. Cela semble être la même chose pour le déconfinement. Malgré les appels de la Commission à coordonner la levée des contrôles, la gestion des frontières reste dans la main des Etats. Les pays s'appuient sur des mesures européennes d'exceptions prévues en cas de risques sanitaires ou encore de menaces terroristes.

"Chacun fait ce qu'il veut de ses frontières"

Pour l'heure, les frontières extérieures de Schengen restent fermées au moins jusqu'au 15 juin, mais à l'intérieur, l'espace se fragmente. L'Allemagne et l'Autriche sont tombées d'accord pour rouvrir leurs frontières respectives. La Suisse espère faire de même avec ses voisins (France, Allemagne, Autriche), tandis que les trois pays baltes que sont la Lettonie, la Lituanie et l'Estonie se sont contentés de rouvrir les frontières entre elles, créant ainsi leur propre bulle au milieu de l'Europe.

"C'est clair qu'aujourd'hui c'est le grand n'importe quoi : chacun fait ce qu'il veut de ses frontières, on ne se coordonne pas", analyse Jean Quatremer, journaliste à Libération. "Mais on est encore dans la panique, début mars, une grande partie de l'Europe ne voyait pas les risques de cette pandémie (...) Ce que nous a appris cette crise c'est que de faire l'abolition des contrôles aux frontières un tabou totalement intouchable ne résiste pas à la réalité."

Retrouvez l'intégralité de ce décryptage dans la vidéo ci-dessus.