PUBLICITÉ

Dans cet Ehpad, des "retrouvailles intimes" dans une bulle gonflable

à l'intérieur de la bulle, le contact est renoué
Ă  l'intĂ©rieur de la bulle, le contact est renouĂ© Tous droits rĂ©servĂ©s DENIS CHARLET/AFP or licensors
Tous droits rĂ©servĂ©s DENIS CHARLET/AFP or licensors
Par Euronews avec AFP
Partager cet articleDiscussion
Partager cet articleClose Button
Copier/coller le lien embed de la vidéo de l'article :Copy to clipboardLien copié

đŸ‡«đŸ‡· Dans un Ehpad de Bourbourg dans le nord de la France, des "retrouvailles intimes" dans une bulle gonflable.

PUBLICITÉ

"Tu vois, je suis avec toi...", susurre Nathalie, caressant la paume de son mari Joseph derriÚre une fine paroi de plastique. Dans un Ehpad de Bourbourg (Nord), une étonnante bulle gonflable accueille désormais les familles, permettant des retrouvailles "intimes, sans risque".

En observant le jardin, "on croit avoir changĂ© de planĂšte", plaisante un rĂ©sident Ă  sa fenĂȘtre, au premier Ă©tage de la fondation Schadet-Vercoustre. Sur la pelouse, la sphĂšre beige de prĂšs de trois mĂštres de haut, flanquĂ©e de sas gonflables en forme de cylindres, Ă©voque un abri d'astronaute.

Sourire retrouvé

InaugurĂ©e vendredi, cette structure innovante imaginĂ©e par la sociĂ©tĂ© BubbleTree "est une bulle de bonheur, une piĂšce oĂč les familles se sentent vraiment ensemble, sĂ©parĂ©es seulement par une paroi souple et totalement transparente" de 30/100e de mm d'Ă©paisseur, explique Audrey Bernard, directrice de cet Ă©tablissement d'hĂ©bergement pour personnes ĂągĂ©es dĂ©pendantes.

Pour ces couples, parents, enfants et petits-enfants séparés à cause du coronavirus et des mesures sanitaires imposées aux aßnés fragiles, "cette innovation est un soulagement", explique-t-elle.

Confinés dans leurs chambres, "les résidents souffraient beaucoup" et plusieurs "se laissaient mourir, cessaient de s'alimenter, ne trouvant plus de sens à la vie..."

Lorsque le gouvernement a rĂ©autorisĂ© des visites fin avril dans un cadre extrĂȘmement limitĂ©, la fondation les a d'abord organisĂ©es "Ă  travers les fenĂȘtres du restaurant, depuis la rue", avant d'Ă©quiper son sas vitrĂ©.

Mais "les gens ne s'entendaient pas, beaucoup se fùchaient. Aujourd'hui, avec cette bulle qui répercute les sons vers l'intérieur, ils se parlent, se voient sans masque et se touchent presque", se réjouit Audrey qui a vu, émue, un couple s'embrasser à travers la paroi.

"Tu sens ? C'est fou, on sent la chaleur de la peau ! Ah, lui aussi il veut te rejoindre !", s'Ă©meut Nathalie Szczepaniak, dont le chien Valco tente en vain de percer le plastique pour sauter sur les genoux de son maĂźtre. Les yeux brillants, Joseph semble rire.

"C'est gĂ©nial, gĂ©-nial! Il ne voit mĂȘme pas le plastique. Et je l'ai vu sourire, une chose que je ne voyais plus...", raconte, radieuse, Nathalie.

AprÚs une désinfection totale de la structure, une animatrice emmÚne une septuagénaire dans l'un des sas, sa fille et sa petite-fille entrant par l'autre cÎté. En quelques minutes, elles se mettent à chanter ensemble.

Isolement bactériologique

"Nous avons voulu redonner une dimension humaine à une situation totalement inhumaine, tout en garantissant la sécurité, la non-communication de quelque charge virale que ce soit", explique à l'AFP le patron de BubbleTree Pierre-Stéphane Dumas.

L'entreprise, spécialisée dans les "bulles d'hébergement" touristiques, avait "déjà développé des solutions pour les personnes à mobilité réduite, destinées à l'accueil du public et répondant à toutes les normes sanitaires et techniques".

Lui-mĂȘme sĂ©parĂ© d'une tante ĂągĂ©e, M. Dumas a imaginĂ© le concept et "pris sur ses fonds propres" pour dĂ©velopper un prototype et le proposer il y a deux semaines Ă  de nombreuses maisons de retraite, avec l'aide de la communautĂ© urbaine de Dunkerque.

Montée dans ses ateliers de Wormhout (Nord), Nanterre et en Bourgogne, la structure "permet un isolement bactériologique total, avec zéro échange d'air d'un volume à l'autre", assure-t-il. Une "premiÚre mondiale".

A Bourbourg, elle est "mise à disposition gratuitement pour au moins deux semaines", avec l'idée de "tester le ressenti des familles" et de l'améliorer.

"Nous pourrons ensuite en fabriquer plusieurs par semaine pour Ă©quiper les Ehpad", promet-il, assurant que plusieurs ont dĂ©jĂ  manifestĂ© leur intĂ©rĂȘt.

Mais il faudra "trouver des financements" et réduire les coûts. Car, avec une "tonne de matériel", un "plancher qui résiste au vent, à l'humidité, une installation électrique aux normes", la bulle coûte aujourd'hui "entre 7.500 et 10.000 euros".

"C'est un budget important", reconnaßt Audrey Bernard. Mais "si les mesures de confinement restent dans la durée", il faudra préserver "ce regain de vie, cette énergie retrouvée".

PUBLICITÉ

Dans son Ehpad, il y a six à huit visites par jour, de 30 à 45 minutes chacune et il y a déjà une liste d'attente pour la semaine prochaine.

Partager cet articleDiscussion

À dĂ©couvrir Ă©galement

Le succÚs des résidentes d'un EHPAD italien sur TikTok

De la guerre Ă  Gaza Ă  la guerre contre le Covid-19 en Ehpad : le combat d'une ex-humanitaire

A Bethléem, l'église de la nativité rouvre ses portes