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Covid-19 : à la recherche du patient zéro en Europe

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Un professionnel de santé réalisant des analyses
Un professionnel de santé réalisant des analyses   -   Tous droits réservés  Christophe Ena/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved.
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Le Professeur Yves Cohen, chef du service de réanimation de l'hôpital Avicenne, à Bobigny, affirme qu'un patient atteint du Covid-19 a été admis au sein de son établissement en décembre dernier.

Pour étayer son hypothèse, il a repris tous les tests des patients atteints de pneumonie ayant été déclarés négatifs au Covid-19. "On a repris tous les PCR négatifs du 16 décembre au 16 janvier", explique-t-il, "et sur quatorze patients qui étaient dans ce cas-là, une PCR était positive au Covid-19".

Le patient de 53 ans a été admis dans cet hôpital de la banlieue parisienne le 27 décembre. C'est apparemment le plus ancien cas biologiquement confirmé le en Europe. Et cela permet au médecin de tirer des premières conclusions.

"Ce qu'on disait, c'était que les premiers cas étaient apparus le 24 janvier, et que la crise est apparue entre fin-février et début mars, mais aujourd'hui on peut dire 'non', le virus était probablement en train de se disséminer depuis décembre, et donc la vitesse de dissémination est d'un mois plus longue, et donc on peut, en cas de nouvelle épidémie, prévoir beaucoup plus tôt, dès que les premiers cas alertent le gouvernement."

Le Covid-19 était donc présent en région parisienne en décembre dernier, "explique Cyril Fourneris, reporter à Euronews. "Cette étude souligne l'importance de revenir sur de vieux échantillons afin de mieux comprendre cette pandémie et de mieux combattre les prochaines. Il semblerait en effet que le virus circulait déjà en Europe encore plus tôt que cela".

Le patient du professeur Yves Cohen a été soigné à l'hôpital Avicenne quelques jours avant que la Chine n'alerte l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), et un mois avant le premier cas confirmé de Covid-19 en Europe.

Mais une autre étude suggère que le virus pourrait avoir circulé dans le Haut-Rhin, dans l'est de la France, dès la mi-novembre. Des médecins de l'hôpital de Colmar nous ont envoyé des images de scanners de poumons qui présentent selon eux des anomalies typiques du Covid-19, similaires à celles d'un patient infecté par le coronavirus.

Le département du Haut-Rhin a été l'un des épicentres du virus en France. Des chercheurs du CNRS estiment que le seuil épidémique a été franchi dans cette zone fin janvier, deux mois avant la décision de confiner la population française.

"Il y a eu un problème au sein du réseau du système de santé français", estime Laurent Gerbaud, chef du pôle santé publique au CHU de Clermont-Ferrand, "car il n'a pas pu donner l'alerte plus tôt. Je pense que nous avons besoin d'un système d'alerte de la population, qui veille à ce qui se passe dans les services de réanimation. On pourrait ainsi mettre en place une procédure qui serait capable de donner l'alerte plus tôt, pour pouvoir prendre ensuite de meilleures décisions en matière de santé".