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Violences conjugales, l'autre pandémie

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Rassemblement contre les violences faites aux femmes, Paris le 1 septembre 2019
Rassemblement contre les violences faites aux femmes, Paris le 1 septembre 2019   -   Tous droits réservés  Zakaria Abdelkafi, AFP
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"J'ai été agressée par mon ex conjoint, qui est venu dans les bureaux de mon entreprise et a exprimé la volonté de me tuer", relate Evelyne. "Il m'a frappé avec un manche de hachette violemment sur la tête. J'avais du sang partout. Etant donné que ma collègue était rentrée dans le bureau, je ne sais pas... Ça l’a peut-être stoppé, en tout cas à un moment, et il m'a dit : 'Je vais t'emmener à l'hôpital'. Moi, j'avais peur. Honnêtement, je pensais qu'il allait m'achever dans la voiture”.

"L'histoire de celle que nous appellerons Evelyne, n'est que l'une, parmi des milliers, à s'être passée pendant la pandémie", explique Monica Pinna, journaliste à Euronews. "En temps normal, une femme sur trois dit avoir subi des violences de la part d'un conjoint, d'un ex-conjoint ou d'un membre de sa famille. En moyenne, une centaine de femmes meurent chaque jour, tuées par l'un de leurs proches. Le confinement a fait exploser les signalements pour violences conjugales. Dans certains pays européens, ces violences ont augmenté de près de 30 %".

Les numéros verts des associations ont croulé sous les appels et les demandes d'aide.

A Lyon, l'une d'entre elles, VIFFIL-SOS Femmes, a reçu 1070 appels au cours des sept semaines de confinement. Sur ce total, 230 femmes n'avaient jamais contacté l'association auparavant, et le nombre de victimes hébergées dans des centres d'accueil a doublé.

"Il n'y a pas assez de logements pour les femmes", indique Elisabeth Liotard, directrice de l'association." Et pendant le temps du confinement, il y a des moyens qui ont été mobilisés par l'Etat, par la région. L'Etat a ouvert 60 places pour les femmes victimes de violences. Du coup, on avait des solutions pour les femmes, ce que, d'habitude, on n'a pas".

En France, seules 20 % des victimes de violences conjugales décident de porter plainte contre leur agresseur. En novembre dernier, La justice française a indiqué que dans 65 % des affaires de meurtres ou tentatives de meurtres commis en 2018, la police avait été avertie de la situation au préalable. Un chiffre qui aurait pourtant dû permettre d'épargner des vies, selon les associations.