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Le retrofit, quand la nostalgie automobile rime avec électrique

Une des Mini électriques mises au point par la société française Ian Motion
Une des Mini électriques mises au point par la société française Ian Motion   -   Tous droits réservés  Ian Motion/Jonathan Slimak
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Roulerons-nous tous en électrique dans les prochaines années ? Récemment, Emmanuel Macron a présenté un vaste plan où la voiture électrique doit être la pierre angulaire de l’industrie automobile française. Le président de la République a présenté de très nombreuses mesures pour inciter les constructeurs, ainsi que les consommateurs à se tourner vers ce type de véhicule. Mais ces mesures vont mettre du temps avant de se concrétiser et avant qu'on puisse en mesurer les effets.

Alors, si l'électrification du parc automobile français passait aussi par la transformation de vieilles voitures thermiques ? C’est ce que propose les acteurs du retrofit. Pour en savoir plus, nous avons interrogé Roland Schaumann, co-fondateur de la société Ian Motion, spécialisée dans la transformation d'anciennes Austin Mini en voitures électriques.

Ian Motion/Jonathan Slimak
Si si, cette Mini "vintage" est bien électrique !Ian Motion/Jonathan Slimak

"Le retrofit, ça consiste assez simplement à changer la motorisation d'un véhicule thermique, diesel ou essence, et à le transformer en véhicule électrique", explique Roland Schaumann ."On retire le moteur, la boîte de vitesses, tout ce qui est en lien avec ce qu'on appelle la chaîne de traction. Donc réservoir, durite, etc", détaille-t-il, et d'ajouter qu'ensuite "tout est remplacé par une autre chaîne de traction qui est complètement électrique. Donc avec un moteur électrique, de l'électronique, une batterie et tout ce qui va autour".

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Laurent Blond et Roland Schaumann en train de peaufiner l'une de leurs Mini dans leur atelier au MansIan Motion/Jonathan Slimak

Roland Schaumann et son ami Laurent Blond, avec qui il a fondé la société en 2016, ont placé au centre de leur projet une démarche eco-responsable et la transition énergétique, en concevant et en assemblant ces voitures dans leur atelier installé au Mans, dans le centre de la France.

"La démarche initiale, c'est évidemment de transformer des véhicules existants en véhicules électriques pour éviter la mise à la casse ou le rebut ou l'écartement de la circulation des véhicules et éviter la construction d'un véhicule complet neuf. Et pour poursuivre la démarche jusqu'au bout, on s'est vraiment intéressé aux technologies qu'on a intégrées dans nos véhicules d'un point de vue impact environnemental", précise-t-il.

Une question vient rapidement à l'esprit, celle de la légalité. Et sur ce point, pas ou plutôt plus de problème, puisque que "depuis peu, le retrofit est légal en France", comme nous l'explique Roland. Il nous décrit le parcours qui a conduit à l'homologation en avril dernier.

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Camouflage de rigueur comme tout prototype en phase de testIan Motion/Jonathan Slimak

"Quand on a commencé, pour être très précis, c'était autorisé. Mais sous des conditions qui étaient impossibles à atteindre. Du coup, on a beaucoup travaillé sur le sujet avec différents hommes politiques, l'administration française. On a de plus créé l'association AIRE, avec d'autres acteurs comme Carwatt, Retrofuture, dans le but de sensibiliser les politiques, les industriels et le grand public au retrofit. Et grâce à cela, nous avons réussi à faire avancer le sujet."

Si ces véhicules électriques transformés sont donc dorénavant habilités à rouler sur les routes de l'Hexagone, la sécurité est aussi au rendez-vous. "Si nous faisons ça dans des conditions de sécurité qui font scandale, on n'a aucun espoir que la filière démarre un jour", indique le Manceau. Il ajoute : "l'aspect qualitatif et sécurité est encadré par ce cadre réglementaire qui a été mis en place. Donc au niveau des batteries, moteur, de ce qu'on appelle la compatibilité électromagnétique, on respecte les mêmes, les mêmes normes et réglementations que les constructeurs".

La spécificité de Ian Motion, c'est de travailler uniquement sur "la Mini", celle qui a été commercialisée entre 1959 et 2000. Ainsi, il est possible de rouler en classique ou en voiture de collection tous les jours, sans les contraintes inhérentes à ce type de véhicules. Roland Schaumann nous apprend d'ailleurs que certains clients sont venus les voir justement pour cette raison, "Ils voulaient combiner le charme du passé avec la praticité d'un véhicule d'aujourd'hui pour l'utiliser vraiment quotidiennement. Tout en sachant que plus on utilise un véhicule électrique et plus on le rentabilise économiquement".

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Compteurs digitaux et personnalisation de l'intérieurIan Motion/Jonathan Slimak

L'entreprise propose donc d'électrifier votre Mini, si vous avez une. Elle commercialise également des modèles clé en main, électriques bien sûr, mais totalement restaurés et personnalisés, des jantes au tableau de bord. Les prix vont de 30 000 euros pour une transformation à 40 000 euros pour une mini prête à partir. Des tarifs en adéquation avec le travail réalisé par Roland et Laurent. Sur ce point financier, le retrofit est aussi éligible à la prime à la conversion des véhicules thermiques en véhicules électriques. Cette prime est fixée à 5 000 euros maximum, sous conditions de revenus. Enfin, si la Mini n'est pas votre "cup of tea", rassurez-vous, les deux compères planchent déjà sur d'autres projets.