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A Amsterdam, le quartier rouge broie du noir

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A Amsterdam, le quartier rouge broie du noir
Tous droits réservés  BART MAAT/AFP
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Dans les canaux d'Amsterdam, il y a bien quelques badauds qui flânent. Mais depuis maintenant trois mois et l'arrivée du coronavirus, les hordes de touristes ont disparu. Si les cafés et les restaurants ont repris du service, les rideaux des vitrines du célèbre quartier rouge resteront tirés pour l'été.

Seules les prostituées indépendantes ont droit à l'aide d'urgence du gouvernement néerlandais, celles qui travaillent dans les maisons closes et les clubs n'obtiennent rien, ce qui les met dans une situation financière très difficile.

Lotte Alberg est propriétaire de deux établissements dans le Wallen ; elle emploie des dizaines de filles : "Tous les jours, des filles m'appellent, qui souffrent vraiment, c'est horrible. Elles ne peuvent pas payer leur loyer, et parfois elles ne peuvent même pas acheter de quoi manger et doivent emprunter de l'argent. Tout le monde reçoit de l'aide, sauf les femmes qui font ce travail".

Alors que la prostitution est légale aux Pays-Bas, la fermeture des établissements oblige les travailleuses du sexe à proposer leurs services en ligne, mettant souvent leur sécurité en danger.

"Elles commencent à chercher des clients sur Internet. Et les clients recherchent maintenant des femmes. Je veux dire que pour beaucoup de gens, le sexe est le besoin le plus important dans la vie. Donc elles vont vers les clients, alors que personne ne sait où ils sont. Certains clients peuvent dire : 'ce que vous faites est illégal', et refusent de payer. Un jour, il va se passer quelque chose de grave. Peut-être qu'alors quelqu'un nous écoutera".

Alors que la crise sanitaire s'est ajoutée à la volonté de la mairie de déplacer le quartier loin du centre historique, Lotte cherche encore des solutions pour relancer sa boutique :

"Lorsque nous rouvrirons, nous devrons bien sûr garder nos distances. Les filles peuvent travailler avec des gants et des masques. Elles peuvent aussi faire des positions différentes. Bien sûr, nous pensons à ce genre de choses..."

Selon les dernières annonces du gouvernement, les travailleuses du sexe pourront reprendre leurs activités le 1er septembre. Mais on ne sait pas très bien dans quelles conditions. Et pour beaucoup d'entre elles, cela pourrait bien être trop tard.