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L’UE hausse le ton face à la politique commerciale de la Chine

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L’UE hausse le ton face à la politique commerciale de la Chine
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La zone économique spéciale de Suez, en Egypte, est symbolique d’un nouveau champ de bataille. Cette fois il s’agit de commerce. C’est ici que l’Union européenne a lancé un avertissement à la Chine.

Pour la première fois les 27 ont frappé de taxes les entreprises détenues par Pékin hors de son territoire. L’idée est de pénaliser les sociétés subventionnées par l’Etat chinois. Dans ce cas précis il s’agit de fibre de verre utilisée dans les éoliennes et les équipements sportifs. L’Union veut ainsi mettre un terme à une pratique qui renforce la position chinoise sur les marchés européens. "C’est un message fort. C’est un nouveau message, une nouvelle approche et une nouvelle lecture de ce que l’UE" peut faire en matière de politique commerciale, explique Agatha Kratz, directrice associée de Rhodium Group.

La Chine dénonce cette décision. Elle accuse les 27 de violer les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Les différends doivent se résoudre par la négociation insiste Pékin. L’UE renforce son arsenal pour répondre à la politique commerciale expansionniste chinoise et d’autres dossiers sont à l’étude. "Le rôle de la Commission est de soutenir le marché unique et de prendre des mesures lorsque les subventions d’un pays tiers ou les subventions d’un pays tiers à ses propres entreprises déstabilisent la concurrence équitable au sein de l’Union", explique la vice-présidente de la Commission, Margrethe Vestager.

Les responsables européens et le monde industriel craignent que la Chine se montre trop aggressive dans ses acquisitions d’actifs européens. Ils s’inquiètent aussi de voir Pékin conquérir des marchés au sein des 27 par des moyens détournés. Selon Laurent Ruessmann, avocat en commerce international, les Etats membres doivent surtout s’assurer de l’application de cette nouvelle direction politique."Nous savons malheureusement par expérience que les producteurs chinois sont très inventifs, innovants, pour ne pas appliquer ces mesures", souligne-t-il.

Mais après une série d’échecs d’achats chinois d’entreprises européennes, Pékin a fortement réduit ses investissements directs. Avec un pic en 2016 de 37 milliards d’euros, ces financements ont atteint l’année dernière 12 milliards d’euros. Cette tendance se poursuit en 2020 mais il faut prendre en compte la crise du coronavirus. C’est même actuellement un retournement de situation. "Etonnement, nous voyons plus d’opportunités d’acheter en Chine en ce moment", ajoute Agatha Kratz. La question est aussi de savoir quand les investisseurs chinois reprendront leur marche en avant.