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Etat des lieux en Pologne à J- 2 du premier tour de l'élection présidentielle

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Cette boutique dans le centre de Varsovie vend des fleurs depuis plus de 100 ans. Elle a survécu à la Seconde Guerre mondiale et à l'ère communiste, mais l'épreuve la plus difficile aura été le confinement à en croire son propriétaire, Roman Pieńkowski :

"En mars, c'était catastrophique, mon revenu était de 200-300 zlotys par jour, cela ne payait pas mon loyer, j'étais sur le point de fermer le magasin, j'allais attendre et voir ce qui se passait."

Ce magasin de fleurs comme des milliers d'entreprises ont dû fermer pendant des semaines, beaucoup n'ont tout simplement pas pu rouvrir et la Pologne se trouve face à sa première récession en 30 ans.

Il n'est donc pas surprenant que l'économie soit la préoccupation numéro un des électeurs qui se dirigent vers les urnes ce dimanche, mais elle est loin d'être la seule : la santé et le réchauffement climatique s'avèrent également être au cœur des priorités des électeurs.

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"Onze candidats s'affrontent au premier tour de cette élection présidentielle, mais selon les sondages, la course se joue essentiellement entre le président sortant Andrzej Duda et le maire de Varsovie Rafal Trzaskowski. Aucun des deux ne dépasserait probablement les 50 % au premier tour, ce qui signifierait un second tour à la mi-juillet " explique notre correspondant Darren McCaffrey qui a rencontré Wojciech Przybylsk, rédacteur en chef de "Visegrad Insight". Et voici son avis sur ce premier tour :

"Vous pouvez voir que le président Duda est nerveux, en tant que président sortant, il espérait, comme il y a quelques mois, pouvoir l'emporter dès le premier tour , mais les circonstances étaient totalement différentes. Aujourd'hui, Andrzeji Duda regarde derrière lui et on peut voir dans chacun de ses gestes et dans chacune de ses communications qu'il est très ancré dans les succès passés, dans les réalisations passées de son camp et de lui-même, qu'il ne regarde pas beaucoup vers l'avenir et qu'il n'offre pas le message d'espoir et de changement qu'il représentait lors des élections précédentes".

Et bien que le président ici présent ne soit pas tout puissant, il peut contrôler un parti au pouvoir, comme me l'a expliqué un ancien titulaire de la fonction de 1995 à 2005, Aleksander Kwaśniewski :

"Le président polonais n'est pas aussi fort que le président français, mais est beaucoup plus important que le président irlandais ou le président autrichien, etc. Le président polonais est extrêmement puissant dans trois domaines : premièrement, la protection de la constitution, deuxièmement, la politique internationale, les affaires étrangères, troisièmement, la défense, la sécurité de la Pologne car il est le commandant en chef de l'armée polonaise, et le président polonais a un droit très spécial, c'est-à-dire un droit de veto".

Il est peu probable que le vote de dimanche débouche sur une issue finale. Les Polonais auront certainement une autre chance de voter dans quelques semaines, dans ce qui s'avère être l'élection la plus serrée à ce jour, depuis la chute du communisme en Pologne, il y a trois décennies.